mercredi 26 mars 2008

moyennant quoi

Je n'ai plus qu'à "m'en mordre les doigts", c'est l'expression consacrée il me semble.
Ces partiels n'ont pas été complètement ratés sur une vue d'ensemble, mais pas non plus totalement satisfaisants. Je n'aime pas cette impression d'inachevé, de "j'aurais pu faire mieux". Ce n'est même pas pour avoir les meilleures notes, je m'en fiche. C'est la satisfaction du travail bien fait qui n'est pas au rendez-vous.
Je n'ai pas réussi à travailler correctement la semaine dernière, j'avais la tête un peu ailleurs et pas l'envie. Et quand je n'ai pas envie, c'est terrible. Les cours ne s'imbriquaient pas correctement dans ma mémoire, je n'avais pas l'image photographique de la feuille scribouillée en tête quand je faisais les annales. C'était brouillon, de guingois et j'aurais donc les résultats conséquents à ce manque flagrant de sérieux.
Ce n'est qu'hier soir que j'ai réussi à atteindre ce stade de l'apprentissage effréné et passionné qui me fait oublier les heures. J'ai compris certains cours, l'enchaînement dans les réactions enzymatiques, la complémentarité des effets. L'évidence m'a sauté aux yeux, il était encore temps, j'ai donc pu réussir correctement une matière cet après-midi. Sinon, le reste, je ne sais pas, c'est mitigé. Il faut dire que je ne suis pas souvent satisfaite de moi-même, je monte les exigences toujours à un niveau moins accessible, comme des enchères.

Mais si on pense aux partiels en eux-mêmes, ces heures à lire les questions fébrilement, sentir le désespoir ou l'euphorie ("Ça je sais, ça je sais! Regarde, je suis capable de te vomir tout mon cours sur la copie sur ce point-là, je n'ai pas tout compris mais ce n'est pas grave, je le sais "par cœur" parce que je m'en suis gavée jusqu'à en être dégoûtée. Et si je te recopie mot pour mot ce que tu as dis pendant le cours en amphi, ce sera déjà ça de moins à retenir comme une envie d'uriner." Relâchement des sphincters de la mémoire.) le moment n'était pas si désagréable. Rien à voir avec l'ambiance de tension palpable du concours de ces deux dernières années, on se sourit dans les rangs, tout le monde est dans la même galère (car personne n'a assez potassé. Deuxième année = relâche), il n'y a plus cette solennité aigre.

Avant chaque examen, je conserve les connaissances précaires dans une baudruche prête à exploser dans un gros bruit de flotte, essayant de ne rien me réciter avant de lire le sujet pour ne pas tout embrouiller. Selon l'efficacité du travail, les connaissances reviennent dans le bon ordre, bien docilement et j'arrive à structurer et à cibler la réponse ou alors elles n'existent même pas, c'est le blanc.
Hier, à la première matière, le sujet qui est tombé (vlan) n'avait pas eu l'honneur de retenir mon attention pendant les dernières révisions alors je n'avais absolument rien à "annoter largement sur ce schéma". Donc j'ai brodé, je sais très bien faire. J'ai raconté ma vie, fait du hors-sujet en veux-tu en voilà pour prouver que j'avais tout de même "appris" des cours. Mais ça n'avait rien à voir avec la question posée, j'avais l'impression d'argumenter désespérément, pédaler quand la chaîne du vélo a déraillé (comme un type qui veut avoir des crédits pour une recherche absconse qui ne passionne que lui. La comparaison étant exagérée, je ne me mets pas au même niveau que les chercheurs, mais l'idée est là) , je vois la tête du correcteur blasée, qui ne lit même pas les mots entassés (j'ai écrit le plus serré possible pour essayer de grappiller des points en ressortant à peu près tout ce que je savais dans la matière) puisque sans intérêt.

Après chaque épreuve, j'essayais de faire table rase de tout ce que j'en avais appris, pour conserver la concentration optimale nécessaire à la poursuite des évènements, ne plus repenser à toutes les erreurs évitables dans lesquelles j'ai dû me vautrer. Surtout, rester concentrée, ne pas laisser divaguer les pensées sur autre chose que les huit matières à passer, en élaguant tout ce qui ne pouvait plus être utile à retenir pour la suite.