Je repense à la déficience dans les propos, ce qui a pu les rendre assez peu assurés pour qu'on puisse en extraire une signification que je n'ai pas voulu leur accorder. Oui, ça me tracasse cette histoire. Le sentiment de trahison doit être inaliénable à la situation de rupture amoureuse, bien que ce soit moi qui sois à l'initiative de la décision, je me sens trompée, pas par lui, mais par les bouches à oreilles. C'est triste.
Je ne voulais pas que ça finisse ainsi, que les autres se rameutent d'un côté ou d'un autre, prennent parti comme s'il était question de lutte, comme si la réalité était simplement scindable en deux parties bien distinctes : je l'ai lâché donc je suis la méchante et lui la victime. Alors soit, réglons le problème de cette manière si cela peut apaiser les esprits.
Constatons la disparition des sentiments, notons-la sur un papier bleu, mais restons calmes et courtois, s'il-vous-plaît.
Je me souviens de son regard battu le dernier matin, l'espoir fou qui m'a poursuivie jusqu'à ce que je disparaisse de son champ de vision, retournant à pied chez moi puisque le tram n'était pas décidé à arriver et que je ne me sentais plus capable de le savoir à quelques mètres de là, à m'attendre avec son regard battu et ses chaussures non lacées par manque de temps.
J'aurais bien voulu lui offrir un fin moins ridicule que celle-ci.
Il a de quoi me haïr maintenant, si ça peut l'aider à oublier tant mieux, et puis si les autres commères avec leurs avis sur la question réussissent à enfoncer le clou, très bien, je me sentirais libérée.
Pour le moment, je suis juste triste, pas abattue ou déprimée, juste triste parce que la situation est un peu laide.
