je suis là
mercredi 11 mars 2009
samedi 2 août 2008
pipeau
Bien sûr, je n'ai pas réussi à me dépatouiller de l'histoire précédente en évitant grimace et orgueil rabougri. Je me suis sentie si nulle quand le silence est devenu certain, sans aucune suite, en gagnant dans l'assurance de plus jamais rien savoir de lui. Je ne voulais plus y songer à nouveau, ne rien taper à ce propos, mais c'est ma gorge se serrant parfois qui me fait bien sentir que je me fourvoie.
Ce matin, Js me parlait de son amoureux qui a duré quatre ans, les yeux brillants à un moment, car malgré le temps écoulé, ça lui fait encore du mal de repenser à ce type qui l'a bafouée, qui ne lui aurait rien avoué si elle n'était pas aller le chercher. Je me dis que c'est peut-être "ça" mon histoire dont je parlerais de temps en temps les mots serrés entre les dents parce que c'est encore un peu de douleur à l'évocation. Mais elle a vécu plusieurs années avec cet homme, c'était quelque chose de potable, quelque chose qui se vit pour de vrai. Lui et moi, c'était beaucoup de mots et peu d'actes. Alors, cela pèse-t-il autant sur la balance?
Js m'a demandé combien de garçon embrassés sur la bouche? J'ai dit six moins un, parce que je ne veux même pas le citer à comparaître, il n'a jamais vraiment existé, c'était de l'attente extatique, de la folie douce à venir. Oh, bien sûr, s'il réapparaissait encore un jour, je ne saurais peut-être pas répondre de moi-même, je serais peut-être à nouveau empêtrée dans mes doutes existentielles à vouloir faire sortir coûte que coûte cette envie de l'avoir à nouveau.
Il n'y a rien à expliquer rationnellement, c'est un X file en suspens, qui n'a même pas bien fini. Je pourrais en mettre des tonnes sur lui, monologuer à l'infini en soupirant, mais comme dit Js "et puis ça passe, c'est comme tout" avec un petit claquement de langue désespéré.
Dans le lot des petites déceptions qui continuent et me rendent acides, il y aussi, encore et toujours, C. qui ne me regarde même pas quand je lui parle, qui se détourne quand j'arrive en face de lui dans un couloir au Labo et qui va au restau avec mon frère et d'autres gens. J'étais amère hier en voyant mon frère partir le rejoindre alors que j'étais habillée en pouilleuse sur le pas de la porte avec mon chien. Je suis jalouse à en crever, puis je me dis que si ce n'était qu'un quidam venant travailler l'été au Labo, m'en sentirais-je blessée? Parce que c'est ce qu'il est devenu au fil des mois, un inconnu en blouse blanche.
Je suis à nouveau pleine d'espérance pour la rentrée prochaine à savoir que je caresse l'idée de faire de nouvelles connaissances grâce à ma Carole qui vient à N. et qui est moins acariâtre que moi, revoir Ian qui va dans une école à Perpette assez souvent pour ne pas qu'il me manque. M. aussi va me manquer, nos discussions et nos verres toujours remplis, les regards de connivence sur des petits riens qui mettent du baume au cœur. Je ferais mieux de penser à elle plutôt qu'à tous ces fantômes qui ne prendront plus forme humaine avant un paquet de temps.
dimanche 27 juillet 2008
sans titre
Autre exemple, nous venons d'engloutir une montagne de frites et de moules et je ne sais plus quoi faire : prendre un chocolat liégeois ou pas?
Ian m'explicite simplement les deux possibilités qui s'offrent à moi si je me décide à commander le dessert : soit je m'exécute sans une once de remords et ne songe qu'au plaisir que je m'offre là, soit je le fais avec un arrière fond de culpabilité et je ne savoure rien. Quand il me dit ça, mon visage s'éclaire parce que, zut, L. n'a jamais été foutu d'être aussi patient avec moi quand je lui parlais de ce genre de dilemme.
Je crois que je lui ai donné un bon point pour ça, ce soir-là.
Je veux me souvenir de toute sa gentillesse envers moi, ses petits sourires quant il me dit une de ses phrases-déclarations en détournant le regard quelques secondes pour mieux le planter dans le mien ensuite. Quand il me dit "hey, souris" parce qu'il y a de quoi.
Il me rend foutrement heureuse, y a pas à dire. Alors, j'essaie de me mettre au même niveau de sincérité que lui en lui avouant le surnom qu'il prend dans ma tête quand je songe à lui. Du coup, il a pris une posture concentrée pour essayer de se faire pousser les ailes dans le dos.
Pour ne pas être en reste, il m'a dit quelques jours plus tard qu'il ne trouvait pas d'autre nom approprié que Coralie pour me définir en lui même. Il a dit que de son côté, les mots lui manquaient : "ce serait comme un grand halo de lumière qui entoure, réchauffe et apaise" mais il se voit mal m'appeler "mon rayon de lumière éthérée".
J'ai hâte de pouvoir m'endormir encore et encore à ses côtés, de le serrer à lui briser des côtes, ou de sentir ses lèvres se poser sur mes cheveux délicatement ou même de sentir ses mains sur mon visage pour qu'il puisse affirmer que ma peau est douce et que s'il était aveugle, ce serait à ça qu'il me reconnaîtrait.
dimanche 20 juillet 2008
pierre blanche
C'est sûrement parce que nous sommes encore dans l'incipit de l'histoire que beaucoup de ses paroles et de ses gestes m'émeuvent. Par exemple : ces toutes petites roses anciennes coupées à mon intention avec des ciseaux d'écolier et ramenées jusqu'à Amnellville dans une boîte à savon, quand il me dit "tout ce que tu veux" de temps en à autre et que je ne suis pas obligée de lui narrer certaines choses. Mais je l'ai fait tout de même, dans une sorte de rituel de la confidence, je lui ai tout envoyé dans les tympans à moitié en chuchotant dans le train de retour de Paris vendredi dernier. Je l'ai prévenu du ridicule du récit, le côté mélodramatique forcé mais il m'a seulement prise dans ses bras en me faisant promettre de ne plus jamais recommencer. J'ai cru voir ses yeux rougir - mais ça devait être la fatigue - puis il a pris un air sévère et a dit qu'il devait verrouiller tout ça quelque part dans sa tête.
Il demande aussi "tu me pardonnes?" au lieu de conjuguer le verbe à l'impératif quand il commet une bévue de catégorie "manque d'élégance".
J'essaie de faire des efforts, de ne pas faire seulement selon mon bon vouloir et de penser un peu à lui avant d'engager quoi que ce soit. J'ai un peu hésité avant de lui proposer qu'on se retrouve à Paris pour une journée, je ne voulais pas lui faire miroiter l'idée avant d'être sûre de pouvoir tenir ma promesse.
Ça faisait longtemps que je n'avais pas eu comme objectif de rendre quelqu'un heureux. Et il me le rend plutôt bien.
Pourtant, je n'arrive pas à lui répondre autrement que par un sourire niais figé quand il me déclare à mots couverts ses sentiments qui prennent un peu plus racine chaque jour, d'où cette impression de sombrer encore et toujours dans l'égoïsme ou quelque chose d'approchant.
mardi 8 juillet 2008
inachevé
Voilà, je reprends les journées-types d'été à Amnellville. Ça ne me déplaît pas le boulot au Labo, j'ai même eu la surprise de rencontrer C. dans les vestiaires. Il m'a serré la patte comme si de rien n'était avec son air habituel alors que j'étais en train de ricaner bêtement avec mon frère. Donc, depuis une semaine, on se croise vaguement au Labo, on se vanne vaguement à propos de petites choses mais aucune invitation à se revoir après le boulot, je n'en ai même pas envie, je ne dis pas ça pour me faire plaindre. Ça ne me gêne plus de ne plus le voir. Il ne me manque pas. C'est ainsi, c'est limpide, je n'ai plus envie de le revoir.
C'est surprenant au début, on est interloqué, on se dit que ce n'est pas possible de retourner sa veste comme ça, puis on se penche sur la question, on retourne les données du problème et la réponse apparaît sans demi-teinte.
C'est un sacré soulagement quand arrive la conclusion de l'affaire.
Mon frère s'entend très bien avec C. je suis encore un peu jalouse mais quelque chose de léger, un fin brouillard qui se dissipera d'ici peu.
Il y a Ian pour rattraper le coup, je me sens fondre quand je pense à lui, c'est physique. Il me dit de très jolies choses que je me répète en souriant benoîtement.
J'ai essayé de reprendre contact avec L. en le félicitant pour son classement mais niet, aucun signe de vie alors qu'il a envoyé un message à mon frère. Je fais "humpf" intérieurement mais je ne peux pas rejeter la faute sur qui que ce soit. Je n'aurais pas dû lui parler comme je l'ai fait mais là, aucune envie de lui lancer des excuses et qu'il puisse s'en servir pour me culpabiliser un peu plus.
jeudi 26 juin 2008
on tombe dans le mielleux
Je n'avais pas relaté ce "bonjour" presque tonitruant lancé le fameux matin très tôt. "C'était quoi ce bonjour?" m'a demandé Ian dans un demi-soupir ensuite. Et hier soir, j'ai plaqué ma bouche contre sa joue à l'improviste, ce qui a valu un "c'était quoi ce baiser volé?" étonné et inquisiteur.
Il a des petites phrases comme ça qui me touchent, paf, et qui me font sourire benoîtement. Ce n'est pas comme avec L. où je m'étais lancée les yeux fermés, à reculons, sans filet et surtout, sans grand enthousiasme. Là, non, il n'y a finalement pas de redondance, il n'a rien à voir avec L. ni même avec les précédents. Il a une fâcheuse tendance à retenir tout ce que je lui dis, tandis que j'ai bien l'impression de poser des questions sans prendre la peine d'en écouter les réponses.
Je crois que je suis en train de m'enfoncer lentement mais sûrement dans quelque chose qui en vaut la peine. Je ne peux plus dire que cette histoire peut ne durer qu'un été, qu'il peut se passer du beau avec une date de péremption définie, que je ne m'en sentirais pas lésée.
Je lui ai avoué que la première fois que nous avons discuté, je n'avais pas envie que ça se termine, j'aimais bien sa façon d'aimanter son regard ou alors ce n'était qu'un effet d'optique. Plus tard dans la soirée, j'étais un peu saoule alors j'aurais bien pu l'embrasser sur le champ. On peut dire qu'il me plaisait déjà bien, à première vue.
Il dit aussi "qu'est-ce qu'il y a? Tu es malheureuse?" deux tiers plaisantin, un tiers soucieux, et je réponds naturellement "non, bien sûr que non" parce que là, il s'agit d'une évidence.
dimanche 22 juin 2008
libre arbitre
Vautrée dans la pelouse après le concert en plein air de JC, je fais part de mes doutes à M. à propos de Ian très épris et moi qui le suis indubitablement moins. M. me dit qu'elle est pareille, elle a quelques difficultés à se plonger sans réticence dans sa nouvelle histoire.
Mais pourtant, là, je repense au visage de Ian si calme pendant qu'il dormait, quand il me sourit et m'embrasse à n'en plus finir et j'ai envie de le revoir très vite.
Ian m'a dit qu'il n'était pas "un geôlier très regardant", que j'étais donc libre de faire ce que je voulais, si je préférais voir M. à lui, pas de problème a-t-il conclu.
Ça lui rapporte un paquet de bons points ce genre de déclarations.
