Ou alors, il existe une solution alternative : croire en l'amitié fille-garçon, un sentiment calme et sans ambiguïté que j'ai connu autrefois. Parce que ce n'est pas de lui ou de lui dont j'ai envie, même ce garçon auquel j'ai demandé mentalement le numéro de téléphone dans le tram, c'était juste pour alléger l'atmosphère.
AR aussi semble intéressé par ma personne, je me sens entourée d'une aura attractive ces jours-ci, et pourtant, je m'endors toujours aussi seule le soir. J'ai juste envie de discuter avec de nouvelles têtes, rire un bon coup et écouter des discours différents.
dimanche 25 mai 2008
procrastination is checking your emails
mardi 20 mai 2008
ahead
Il y a des petites choses à raconter, je n'y tenais pas trop jusqu'à maintenant, c'est tellement redondant. Le jeune garçon qui m'a fait les yeux doux au barbecue de samedi à Amnellville s'est avéré être lui aussi à N. en prépa compliquée. Du coup, je me suis sentie un peu faible, j'ai pensé "après tout, pourquoi pas une bière? "
Je reviens donc de la terrasse venteuse et non pas ensoleillée, j'ai allumé cinq cigarettes avec des allumettes, c'est un garçon bien agréable, nous avons tenu une discussion sans blanc alors qu'il paraît qu'il est timide lui aussi. Il n'est pas comme Yann qui essaie d'impressionner (laisser une marque sciemment) il est plus charmant. Après le deuxième verre, en me regardant dans le miroir aux toilettes, je me suis demandée si j'avais envie de l'embrasser sur la bouche. J'ai pensé à ma voisine qui gémissait encore dimanche soir à n'en plus finir, j'étais vraiment frustrée sur ce coup-là, même avec de la musique à fond (Elliot Smith n'était pas forcément le meilleur remède) la claque ne passait pas.
Mais même avec quelques centigrammes dans le sang, je n'ai pas tenté de me coller contre lui, je n'ai pas cherché à fermer les yeux et à tendre mon visage vers lui, je me suis dit qu'il souffrirait trop, le pauvre, s'il savait.
lundi 12 mai 2008
bla bla bla
En pensée, je lui parle, je lui adresse des phrases tartes comme : "j'aimerais juste savoir où on en est" alors qu'il n'y a rien à répondre à ça. Je pense à ses coups d'œil furtifs dans ma direction sur le quai du métro, l'observation de sa personne des pieds à la tête pendant que je le pouvais encore.
Encore et toujours l'étreinte à laquelle je n'ai pas su répondre d'office, sans réfléchir. Sa description du manque, ses mots doux que je n'espérais plus.
Il y a l'affiche avec le mot "engrenages" et j'aimerais bien pouvoir affirmer qu'il s'accorde à la situation. Je me dis que ça ferait bien, ça en jetterait.
Jeter quoi, on ne sait pas.
dimanche 11 mai 2008
pablo picasso never got called an asshole
D'accord, il faut admettre que ça va depuis quelques temps. Comme s'il était vraiment utile de faire un état des lieux des hauts et des bas qui se succèdent à un train fou. Je bois du thé glacé, de l'eau glacée et des bières fraîches en bonne compagnie pour résister à l'étuve qui perdure.
Il ne reste plus qu'un petit mois de cours, une semaine de révisions puis les partiels. C'est donc déjà la fin de ma deuxième année. Je n'en reviens pas. Avec Cl. on fait nos petites vieilles, on se répète, incrédule : "déjà? "
On ne fait plus de bilans, calmement, c'est usant. Un peu marre de récapituler et de ne pas projeter grand-chose vers l'avant.
Donc, depuis cet épisode de mauvaise humeur sans bonne raison apparente, ça va. On m'a téléphoné pour que j'arrête de geindre, j'ai bien ri, merci. Je suis même allée chez Cl. un soir pour boire des blanches et fumer des blondes, moi qui n'osais pas jusque là par peur de l'ennui et du chemin de nuit. J'ai tiré quelques bouffées sur ses cônes savamment roulés, mais la braise n'a pas tenu assez longtemps pour que j'en ressente un quelconque effet.
Et là, je m'apprête à descendre chez mon frère pour manger une pizza et ça me met toujours de bonne humeur, une pizza.
samedi 10 mai 2008
blancs
Je vais essayer d'arrêter de relire, m'y reprendre à deux fois, me remémorer la meilleure manière de faire que je n'ai pas su employer. Je vais essayer de me moquer du qu'en dira-t-on et de garder la tête haute en traversant les terrasses bondées. Et aussi, trouver une certaine forme de sérénité et de confiance et la garder intacte plus longtemps pour ne plus me retrouver ratatinée à n'importe quel sujet.
jeudi 8 mai 2008
21.
C'était une belle journée chaude comme celle d'aujourd'hui. Je m'en souviens avec beaucoup de détails. J'étais heureuse, pleinement satisfaite de moi-même : avoir enfin réussi ce concours!
Je suis montée à la fac nimbée de ma victoire pour vérifier les classements officiels au tableau d'affichage, L. m'accompagnant. Je me souviens de son mi-sourire après avoir fini ma conversation téléphonique avec Cl., il n'a pas éclaté de joie, alors que j'avais envie de crier tellement j'étais contente. Mais en inversant les rôles, si j'avais été dans l'attente de mes propres résultats, sachant que lui avait vaillamment réussi son concours, aurais-je su exploser de joie pour lui? Est-ce dans mon tempérament, l'empathie débordante?
Il était probablement trop tiède pour moi, je ne vois plus ça comme explication globale au trait tiré il y a quatre mois maintenant.
Je repensais au soir où il est venu chez moi, quand je suis revenue à N. après les vacances de décembre, quand je n'avais plus envie de lui, après avoir remué dans ma tête tout ce qui me déplaisait chez lui pendant de longues heures, à me demander si je pourrais encore continuer, si ce serait mieux avec ou sans lui?
J'étais dans mon bain, c'était ma période "tout est prétexte à un bon bain", il s'est assis à côté de la baignoire, m'a regardée avec son fameux mi-sourire encore une fois, et m'a demandé s'il pouvait se joindre à moi. Ca été très difficile de cacher mon désarroi à ce moment-là, je suis nulle en compromis, je ne sais pas mentir facialement, je lui ai bégayé que je ne préférais pas, la baignoire étant trop étroite, tu comprends? Son mi-sourire a pris une teinte contrite, il avait peut-être compris à ce moment-là que je ne voulais déjà plus de lui, dans la baignoire ou autre part.
Il y a aussi eu le soir après la fin, après le restaurant italien partagé avec mon frère et Laura, la première soirée à quatre moins un, quand j'avais décidé de lui expliquer la deuxième partie de la raison qui a fait que. Il était venu chez moi après mon coup de fil larmoyant, il voulait que nous discutions face à face. Je pleurais encore à son arrivée, mais un peu moins fort, juste pour être sûre qu'il ne resterait plus de larmes coincées plus tard. Nous avons donc eu cette explication, c'était difficile à exprimer à voix haute mais ça s'est fait. Il est reparti sans dire au revoir. J'ai mis cinq minutes à trancher : j'avais besoin d'un bon bain.
J'ai laissé couler l'eau de haut, pour qu'elle glougloute bien fort, que ça annihile mes pensées comme qui dirait, pour que le bruit de petit torrent me berce. Ce doux son me fait souvent repenser à cette douche avec X, serrée contre lui, avec l'eau qui gargouillait en atterrissant dans le creux formé par nos deux corps collés.
Je n'ai entendu l'insistance de la sonnette que tard, la baignoire étant déjà bien remplie. Je suis sortie dégouttante pour lui ouvrir, à lui qui revenais sur ses pas pour une fois. J'ai laissé la porte de la salle de bain entrouverte, pour ne pas qu'il croie que je ne voulais plus lui parler (c'était souvent des "pour pas qu'il ne croie que" au lieu d'exprimer à voix haute ce que je pensais) mais lui n'a pas osé y pénétrer, il n'avait plus l'autorisation d'observer ma nudité, comme si la gêne pudique du début était revenue en quelques jours.
Je l'ai revu de très loin, tôt hier matin, en promenant le chien. J'ai tourné la tête et ai remarqué cette silhouette qui m'observait. J'ai mis un quart de seconde à le reconnaître, temps suffisant pour qu'il détourne le regard et se remette en chemin, dans la direction opposée à la mienne.
J'aime les ciels bleu limpide mais pas que le soleil tape contre les vitres et transforme mon petit appartement en chaudière. Puis, je repense à des instants, des impressions, des souvenirs tassés et j'ai un frisson qui descend le long de mon dos.
jeudi 1 mai 2008
et pourtant
Hier soir, j'avais des phrases en tête pendant que je pleurais, je pensais à des expressions solennelles comme l'historique des sables mouvants et qui ne veulent rien dire.
Peut-être le manque de sommeil depuis dimanche, le cycle menstruel, toujours est-il qu'en pleine rue hier soir, avec Sioux au bout de la laisse, j'ai commencé à pleurer, je suis restée à l'orée de la crise le temps d'arriver à l'appartement. Ne pas se donner en spectacle, pauvre fille qui pleure en pleine rue.
Et, dans les faits, je ne saurais pas faire l'historique des sables mouvants. J'ai passé trois jours obnubilée par le chien, ses promenades, sa bouffe, j'ai occulté le reste. J'ai séché quelques heures de cours parce que le prof était narcoleptisant, j'ai fumé quatre cigarettes juste pour le style, à la fenêtre, et aussi hier soir parce que j'étais mal mal mal.
Ces trois derniers jours, j'ai mangé peu alors que pendant la quinzaine amnellvilloise j'enchaînais goulument les bons repas maternels et les gâteaux à la crème de la boulangerie.
Hier en début de soirée, quand je commençais à avoir ras-le-bol de relire des cours, M. m'a téléphoné. C'est très bête, je savais que mon moral commençait à chuter mais je n'aurais pas songé à prendre l'initiative de l'appeler. J'avais peur de fondre en larmes en lui parlant, le truc bateau à éviter. Surtout que je n'aurais pas pu lui expliquer le pourquoi du comment.
En rentrant de la promenade du soir, après les larmes intarissables et les sanglots baveux, mon père m'a téléphoné aussi. Il était tard pourtant. Il m'a demandé ce que je comptais manger ce week-end, comme s'il s'inquiétait à ce propos alors qu'il ne peut pas savoir que je n'ai presque rien mangé ces derniers jours. Il m'a dit que j'avais l'air taciturne, je lui ai confié mes craintes qu'un chien méchant non attaché saute sur Sioux un mauvais jour.
Je me souviens de mes rêves de cette nuit, il y avait un mail de X qui me disait à nouveau qu'il ne voulait plus de moi, qu'il n'avait plus besoin de moi. Alors, je souriais narquoisement en le lisant, je me disais "je m'en doutais, ce n'est pas grave, ce n'est rien" il fallait bien que ça revienne un jour alors qu'au fond j'avais envie de crever comme un vieux ballon pour ne plus être triste à ce point. C'est impressionnant comme les ressentis peuvent sembler réels dans les rêves parfois. Il y avait L. qui me montrait des photos de lui et moi, son grand-père en haut d'un escalier me regardant d'un air grave "dis-moi que ce n'est pas vrai, que tu n'as pas fait ça" et moi qui descendais l'escalier en lui souriant, le rassurant "mais non".
Alors ce matin, j'avais les paupières gonflées, la gueule de travers en me remémorant ces rêves et les pleurs d'hier soir. Je me suis levée prestement pour aller marcher dans les rues vidées avec mon chien, il n'y avait personne pour l'effrayer (il a peur des bus et des véhicules nettoyeurs de la ville, des affiches avec des visages humains, des gens qui crient et sifflent et de la foule en général).