dimanche 23 mars 2008

trying to laugh about it

Depuis plusieurs jours, je suis sur une tangente, une sorte de déséquilibre constant. J'ai peur de tout, des partiels dans deux jours, de l'amoureux qui viendra peut-être (peut-être pas) me rendre visite bientôt, du chien qui n'aura certainement pas assez de place dans mon dix-neuf mètres carrés, d'être incapable de créer de nouvelles amitiés à N.
Comme si tout était marqué par le sceau de la fatalité. Parfois, j'arrive à entasser toutes ces frayeurs dans un coin pour me consacrer au moment présent, mais ça ne dure jamais assez longtemps, j'ai des larmes aux yeux sans explication.
Hier soir, je ne sais pas quel a été l'élément déclencheur, ma mère était en train de parler de ses études de pharmacie qu'elle avait repris à N. alors que personne ne la croyait capable de valider cinq années d'études en trois, elle y est parvenue.
Je souriais et plaisantais avec mes parents quelques minutes auparavant et tandis que ma mère racontait ça, il s'est passé quelque chose quelque part dans mon organisme, un truc qui doit s'expliquer biochimiquement (la sérotonine qui reste coincée dans la synapse ou les nerfs qui lâchent tout bonnement) j'essayais de me focaliser sur le fait qu'il fallait passer outre ce passage à vide et ne pas déborder tout de suite. Je suis restée quelques minutes muettes, repoussant l'irrépressible envie de chialer le temps d'arriver à ma chambre.
C'est très banal tout ça, il y avait bien longtemps que je n'avais pas pleuré ainsi, comme une chiffe molle, impossible d'y échapper, comme si une force extérieure me secouait sans que je puisse m'en dégager. Dix longues minutes ainsi, à attendre que la crise passe, que je puisse retrouver mes forces pour me redresser et ne plus avoir constamment un sanglot coincé dans la gorge.