jeudi 26 juin 2008

on tombe dans le mielleux

Je n'avais pas relaté ce "bonjour" presque tonitruant lancé le fameux matin très tôt. "C'était quoi ce bonjour?" m'a demandé Ian dans un demi-soupir ensuite. Et hier soir, j'ai plaqué ma bouche contre sa joue à l'improviste, ce qui a valu un "c'était quoi ce baiser volé?" étonné et inquisiteur.

Il a des petites phrases comme ça qui me touchent, paf, et qui me font sourire benoîtement. Ce n'est pas comme avec L. où je m'étais lancée les yeux fermés, à reculons, sans filet et surtout, sans grand enthousiasme. Là, non, il n'y a finalement pas de redondance, il n'a rien à voir avec L. ni même avec les précédents. Il a une fâcheuse tendance à retenir tout ce que je lui dis, tandis que j'ai bien l'impression de poser des questions sans prendre la peine d'en écouter les réponses.

Je crois que je suis en train de m'enfoncer lentement mais sûrement dans quelque chose qui en vaut la peine. Je ne peux plus dire que cette histoire peut ne durer qu'un été, qu'il peut se passer du beau avec une date de péremption définie, que je ne m'en sentirais pas lésée.

Je lui ai avoué que la première fois que nous avons discuté, je n'avais pas envie que ça se termine, j'aimais bien sa façon d'aimanter son regard ou alors ce n'était qu'un effet d'optique. Plus tard dans la soirée, j'étais un peu saoule alors j'aurais bien pu l'embrasser sur le champ. On peut dire qu'il me plaisait déjà bien, à première vue.

Il dit aussi "qu'est-ce qu'il y a? Tu es malheureuse?" deux tiers plaisantin, un tiers soucieux, et je réponds naturellement "non, bien sûr que non" parce que là, il s'agit d'une évidence.

dimanche 22 juin 2008

libre arbitre

Vautrée dans la pelouse après le concert en plein air de JC, je fais part de mes doutes à M. à propos de Ian très épris et moi qui le suis indubitablement moins. M. me dit qu'elle est pareille, elle a quelques difficultés à se plonger sans réticence dans sa nouvelle histoire.
Mais pourtant, là, je repense au visage de Ian si calme pendant qu'il dormait, quand il me sourit et m'embrasse à n'en plus finir et j'ai envie de le revoir très vite.

Ian m'a dit qu'il n'était pas "un geôlier très regardant", que j'étais donc libre de faire ce que je voulais, si je préférais voir M. à lui, pas de problème a-t-il conclu.
Ça lui rapporte un paquet de bons points ce genre de déclarations.

jeudi 19 juin 2008

voilà voilà

J'attendais ma mère sur le banc devant la pharmacie où elle travaille, le chien sagement assis à côté de moi et du banc. Une voix féminine : "alors mademoiselle, comment allez-vous?" C'était la mère de C. Je me suis levée prestement en retirant mes lunettes de soleil pour lui faire la bise, mais elle a enchaîné directement en me demandant si j'avais eu "des nouvelles de mes résultats". Ah, les résultats.
S'en est suivi une petite conversation sur C. et Lou qui restent à Reims cet été pour travailler. C'est idiot mais j'ai été soulagée de l'apprendre. C'eut été à reculons que je serais allée au Labo sinon, ne sachant pas s'ils y seraient ou pas.
Je me sens comme ces enfants qui sont accusés à tort, qui finissent en larmes quand leurs parents les interpellent et qu'ils continuent à dire en chouignant, le visage abîmé par les larmes : "mais c'est pas moi!" tandis que la mère dit d'un ton sans appel : "tu arrêtes maintenant, ça suffit."

Je n'ose pas non plus demander des nouvelles du concours de L. Mes parents me disent qu'ils aimeraient bien savoir s'il a réussi, ma mère a même dit : "je m'en fiche de ton Ian, je veux savoir comme L. s'en est sorti". Je ne me fais pas de soucis pour lui, il pourrait être dans les trente premiers que ça ne m'étonnerait pas.

Et, dans la voiture, passait une chanson de David Bowie entraînante, vraiment pas du genre à faire pleurer, et pourtant.
Des larmes de crocodiles, probablement, parce que c'est pas moi, j'ai rien fait.

mercredi 18 juin 2008

Got got du aaah

Petits bouleversements, on peut employer ce mot pour résumer ces dernières semaines? Allons-y.

Je me sens étrangement bien, sûrement parce que j'en ai fini avec ma deuxième année depuis hier dix-huit heures. Enfin, fini jusqu'à ce que je sache le nombre de matières que j'aurai à repasser fin août, il ne faut pas se leurrer sur ce coup-là. Je suis bien ennuyée car "il" (Je ne sais pas comment je vais surnommer ce nouveau personnage) m'a fait remarqué que je vais devoir réviser mes cours en rentrant du Labo cet été, je n'avais pas encore réflechi à cet aspect du problème. Mais, pour le moment, ça importe peu, je viens de rentrer chez moi à Amnellville, demain, je vais récupérer Sioux au chenil après dix jours de réclusion.

Pour Ian (nommons-le ainsi) je n'aurais pas cru que ça irait si vite, ça ne fait qu'un mois que j'ai fait sa connaissance et nous avons déjà passés une nuit nus l'un contre l'autre, sans que je pense à personne d'autre que lui au moment présent, ce qui est plutôt de bon augure. Enfin, j'avais imaginé cette éventualité, l'occasion faisant le larron, mais je ne pensais pas que je parviendrai à lui susurrer à l'oreille, à cinq heures du matin pendant que les oiseaux commençaient à siffloter : "tu veux dormir avec moi? "
Quand il est parti en fin de matinée, il m'a lancé un regard qui "en disait long" avant de disparaître dans les escaliers, j'en aurais presque eu des frissons, je me sens responsable de quelque chose. Il est déjà très attaché à moi, j'en suis flattée mais ça me fait un peu peur. A la rentrée prochaine, il ne sera plus à N. mais il ne faut pas trop se poser de questions, nous verrons bien.

Hier soir, après le restaurant japonais tous les deux où j'ai été obligée de prendre une glace car je n'avais pas eu assez de mes sushis/maki/sashimi, nous sommes allés chez Cl. boire des bières jusqu'à en avoir la tête qui tourne. C'était amusant, je n'ai plus trop songé aux partiels médiocres, sans voir le temps passer, je n'arrêtais pas de caresser ostensiblement mais discrètement sa jambe alors que jusque là, nous nous effleurions avec grand peine. Nous sommes ressortis de chez elle à quatre heures bien tassées bras dessus bras dessous comme s'il ne voulait plus jamais me lâcher. Enfin, c'est le genre de trucs qu'on veut bien croire. Et donc, arrivés en bas de chez moi, impossible d'arrêter de l'embrasser, de ressentir ces frissons sur la peau du ventre, le serrer contre moi et ne plus penser qu'à ça.

J'ai l'étrange impression parfois de sortir d'une léthargie, à être presque en faute de ne plus être avec L. d'avoir trouvé quelqu'un que je connaissais ni d'Ève ni d'Adam et qui me plaît grâce à cette somme de détails anodins qui font que.

J'avais envie de noter ces dernières vingt-quatre heures parce qu'elles contiennent un peu de cette nostalgie de fin d'année.

Il y a aussi ML auquel je songe souvent, je tiens beaucoup à ce lien que nous avons créé en quelques mois, je me sens à l'aise avec lui comme si je le connaissais depuis des lustres. Je peux lui dire tout ce qui me passe par la tête sans que ça ne l'ennuie et c'est bien.

Parce qu'évidemment, je fais parti de ces gens qui tirent toujours la conversation à eux.

lundi 9 juin 2008

histoire de

Il faisait bon sur la terrasse tout à l'heure, signant la fin d'une journée paisible à Amnellville. Ce matin, en sortant de la douche, je me suis aperçue ça va faire six mois que je n'ai pas revu en chair et en os C. et compagnie. Ça me fait un petit quelque chose mais je ne peux pas généraliser le constat à toute la bande, il y a encore Ju qui m'a envoyé un sms dernièrement et qui ne semble pas me garder rancune ou rancœur pour quoi que ce soit. Je ne comprends pas encore bien pourquoi on pourrait me garder rancune pour des décisions qui ne concerne que moi en grande partie. J'aimerais pouvoir affirmer que je ne leur en veux guère, mais non, moi aussi je suis rancunière. Je ne sais pas comment ça va se passer cet été, si j'en croiserais certains au Café d'Amnellville ou pas, si je m'arrêterais quelques instants ou pas pour faire semblant de prendre de leurs nouvelles.

Je suis heureuse de reparler sincèrement à Cédille. La journée que nous avons passée ensemble à N. la dernière fois était un bon moment. La différence par rapport à nos discussions d'il y a trois ans, c'est que nous parlons de sexe ouvertement, sans que je me sente mise au rebut, j'ai l'impression d'avoir perdu une partie de ma pudeur. On s'esclaffait grassement sur le banc du petit parc à côté de chez moi, avec Sioux qui attendait sagement de repartir.

Globalement, je me sens satisfaite des dernières semaines écoulées, je ne sais plus à quoi ça tient mais ça me semble solide malgré le flou.

vendredi 6 juin 2008

hey! been trying to meet you...

C'est toujours étrange, cette impression de retomber doucement, cotonneusement dans la réalité ensuite. C'était pourtant la même ville, les mêmes trottoirs sous les pieds, les mêmes terrasses couvertes mais il y avait peut-être un regard neuf à poser sur tout ceci.
Ce fut ma foi très agréable, je ne trouve pas d'autre qualificatif, j'ai beaucoup aimé ne pas me poser de questions en attendant contre le mur de l'hôtel quatre étoiles, à juste attendre et bien voir la suite.
Il y avait encore cette sorte de certitude de connaître la personne alors que non, ce n'était que du vent jusque là, des mots qui ont rebondi aux quatre coins de je ne sais combien de satellites avant de pouvoir atteindre leur cible.
Je n'avais pas envie de me demander comment ça allait se dérouler, comment me comporter et que déblatérer en cas de gros silence. C'était de l'improvisation, à la va comme je te pousse et c'était bien.

Mais, il y a bien ce retour seule avec le parapluie à carreaux insistant bien sur le fait que c'est fini, que chacun retrouve son coin de rideau de velours rouge sombre derrière lequel se cacher pour jouer son rôle. Encore une affaire de train qui s'éloigne, avec en bonus trottoirs humides et chaussures neuves dans un sac plastique.