dimanche 27 juillet 2008

sans titre

Autre exemple, nous venons d'engloutir une montagne de frites et de moules et je ne sais plus quoi faire : prendre un chocolat liégeois ou pas?
Ian m'explicite simplement les deux possibilités qui s'offrent à moi si je me décide à commander le dessert : soit je m'exécute sans une once de remords et ne songe qu'au plaisir que je m'offre là, soit je le fais avec un arrière fond de culpabilité et je ne savoure rien. Quand il me dit ça, mon visage s'éclaire parce que, zut, L. n'a jamais été foutu d'être aussi patient avec moi quand je lui parlais de ce genre de dilemme.
Je crois que je lui ai donné un bon point pour ça, ce soir-là.

Je veux me souvenir de toute sa gentillesse envers moi, ses petits sourires quant il me dit une de ses phrases-déclarations en détournant le regard quelques secondes pour mieux le planter dans le mien ensuite. Quand il me dit "hey, souris" parce qu'il y a de quoi.
Il me rend foutrement heureuse, y a pas à dire. Alors, j'essaie de me mettre au même niveau de sincérité que lui en lui avouant le surnom qu'il prend dans ma tête quand je songe à lui. Du coup, il a pris une posture concentrée pour essayer de se faire pousser les ailes dans le dos.

Pour ne pas être en reste, il m'a dit quelques jours plus tard qu'il ne trouvait pas d'autre nom approprié que Coralie pour me définir en lui même. Il a dit que de son côté, les mots lui manquaient : "ce serait comme un grand halo de lumière qui entoure, réchauffe et apaise" mais il se voit mal m'appeler "mon rayon de lumière éthérée".

J'ai hâte de pouvoir m'endormir encore et encore à ses côtés, de le serrer à lui briser des côtes, ou de sentir ses lèvres se poser sur mes cheveux délicatement ou même de sentir ses mains sur mon visage pour qu'il puisse affirmer que ma peau est douce et que s'il était aveugle, ce serait à ça qu'il me reconnaîtrait.

dimanche 20 juillet 2008

pierre blanche

C'est sûrement parce que nous sommes encore dans l'incipit de l'histoire que beaucoup de ses paroles et de ses gestes m'émeuvent. Par exemple : ces toutes petites roses anciennes coupées à mon intention avec des ciseaux d'écolier et ramenées jusqu'à Amnellville dans une boîte à savon, quand il me dit "tout ce que tu veux" de temps en à autre et que je ne suis pas obligée de lui narrer certaines choses. Mais je l'ai fait tout de même, dans une sorte de rituel de la confidence, je lui ai tout envoyé dans les tympans à moitié en chuchotant dans le train de retour de Paris vendredi dernier. Je l'ai prévenu du ridicule du récit, le côté mélodramatique forcé mais il m'a seulement prise dans ses bras en me faisant promettre de ne plus jamais recommencer. J'ai cru voir ses yeux rougir - mais ça devait être la fatigue - puis il a pris un air sévère et a dit qu'il devait verrouiller tout ça quelque part dans sa tête.
Il demande aussi "tu me pardonnes?" au lieu de conjuguer le verbe à l'impératif quand il commet une bévue de catégorie "manque d'élégance".

J'essaie de faire des efforts, de ne pas faire seulement selon mon bon vouloir et de penser un peu à lui avant d'engager quoi que ce soit. J'ai un peu hésité avant de lui proposer qu'on se retrouve à Paris pour une journée, je ne voulais pas lui faire miroiter l'idée avant d'être sûre de pouvoir tenir ma promesse.

Ça faisait longtemps que je n'avais pas eu comme objectif de rendre quelqu'un heureux. Et il me le rend plutôt bien.

Pourtant, je n'arrive pas à lui répondre autrement que par un sourire niais figé quand il me déclare à mots couverts ses sentiments qui prennent un peu plus racine chaque jour, d'où cette impression de sombrer encore et toujours dans l'égoïsme ou quelque chose d'approchant.

mardi 8 juillet 2008

inachevé

Voilà, je reprends les journées-types d'été à Amnellville. Ça ne me déplaît pas le boulot au Labo, j'ai même eu la surprise de rencontrer C. dans les vestiaires. Il m'a serré la patte comme si de rien n'était avec son air habituel alors que j'étais en train de ricaner bêtement avec mon frère. Donc, depuis une semaine, on se croise vaguement au Labo, on se vanne vaguement à propos de petites choses mais aucune invitation à se revoir après le boulot, je n'en ai même pas envie, je ne dis pas ça pour me faire plaindre. Ça ne me gêne plus de ne plus le voir. Il ne me manque pas. C'est ainsi, c'est limpide, je n'ai plus envie de le revoir.
C'est surprenant au début, on est interloqué, on se dit que ce n'est pas possible de retourner sa veste comme ça, puis on se penche sur la question, on retourne les données du problème et la réponse apparaît sans demi-teinte.
C'est un sacré soulagement quand arrive la conclusion de l'affaire.

Mon frère s'entend très bien avec C. je suis encore un peu jalouse mais quelque chose de léger, un fin brouillard qui se dissipera d'ici peu.

Il y a Ian pour rattraper le coup, je me sens fondre quand je pense à lui, c'est physique. Il me dit de très jolies choses que je me répète en souriant benoîtement.

J'ai essayé de reprendre contact avec L. en le félicitant pour son classement mais niet, aucun signe de vie alors qu'il a envoyé un message à mon frère. Je fais "humpf" intérieurement mais je ne peux pas rejeter la faute sur qui que ce soit. Je n'aurais pas dû lui parler comme je l'ai fait mais là, aucune envie de lui lancer des excuses et qu'il puisse s'en servir pour me culpabiliser un peu plus.