J'ai parlé avec Carole de la discussion rapportée entre elle et C. l'autre jour, elle me dit "on n'est plus au collège quand même. Je suis désolée qu'il ait interprété mes paroles comme ça, je t'assure que ce n'est pas vrai."
Je me sens terriblement rassurée, les gens ne sont pas tous des vipères, sussurant des messes basses crasses, te maudissant pour des phrases restées imprononcées. C'est bête à dire, mais c'est bien dans ce genre de situations qu'on peut passer au tamis ses amis. Je laisserai ces petits insectes concupiscents me conspuer, scruter avec commisération les paroles pour mieux se jeter dessus comme des rapaces voraces dès qu'un mot de travers pourra être sujet à une interprétation rebondissante et à mille lieux de la réalité initiale.
Je devrais m'arrêter là, ne plus y repenser, ressasser ce passé. (En effet, ce qui est fait est fait.) Encore une preuve des vertus du sage silence, je n'aurais jamais dû disséminer de ci de là mes doutes quant à mes sentiments pendant les vacances de décembre. Maintenant, ça jase et ça me blase et me blesse aussi, plus que nécessaire.
Mais ça me permet aussi de tenter de dénicher une allitération dans la sidération (lat. siderari, être frappé d'une influence maligne, de sidus, astre ; Littré). A cela s'ajoutent les dissonances résonant dans la discorde naissante et la distance, fossé creusé par parcelles chacun de son côté, de déceptions réciproques en prises de conscience.
