vendredi 18 juin 2004

sortie

J’ai introduit un personnage un peu trop vite, je lui ai donné beaucoup d’importance dès le départ, alors qu’il n’y en avait pas lieu. Disons que c’était une personne que je considère comme un véritable ami, au sens le plus limpide du mot. Je pensais aussi que c’était totalement réciproque. Je ressentais pour lui le même sentiment que pour mon frère, et Dieu sait, enfin, je le sais même mieux, combien mon frère compte pour moi.
Hier, je lui ai dit tout ça, parce que ça me tracassait ces regards fuyants, ces absences de dialogue, ces sourires contrits pour éviter de me voir. Je lui ai dit combien il comptait, il était très étonné. Je me suis sentie triste après ça. Mon frère était dans ma chambre, il squattait ma chaîne et mon lit. J’ai fermé la porte, et puis je suis allée m’asseoir sur la chaise. Il m’a dit “qu’est-ce qui va pas? t’es toute…” en mimant une figure boudeuse. “Ben rien!” Il s’est levé et puis il m’a dévisagé, il a plaisanté, fait l’idiot, il m’a fait sourire. “Raconte”. Je lui ai expliqué en deux phrases, ce qui ne rendait pas compte de toute la gravité de la situation (!) il a dit “mais c’est pas grave, en plus, t’as les larmes aux yeux, ça en vaut pas la peine.” Non, il avait bien raison, ça n’en valait rien.
Je me suis montée à la tête en pensant que j’avais trouvé un ami, mais qui finalement s’est éloigné petit à petit, comme les autres.
Les mots ne sont jamais porteur de toute leur signification hors du papier.

mardi 15 juin 2004

"un coeur trop plein dans un monde trop vide"

Il faudrait lire tout ça comme si c’était un théâtre que j’écrivais. Mon propre théâtre. Je fais comme si les personnages évoluaient grâce à mon bon vouloir, comme si mon univers était vague, que chacun peut se l’imaginer blanc ou noir, alors que la réalité est plus subtile que ça. J’aimerais parvenir à décrypter tout, avoir le sentiment d’avoir réussi, tout simplement.
Ca paraît être une entreprise bien pompeuse, alors qu’en fait, j’essaie pour la deuxième fois de me cerner. Mon premier journal était celui d’une adolescente peu sûre d’elle, hésitante, peureuse, renfermée. Je voudrais offrir une autre image de moi à présent, en espérant qu’elle reflète ma réalité. Dans ce premier journal, j’étais hantée par la solitude, je crois. Aujourd’hui, j’ai à peu près pigé le truc ; on est forcément seul, une entité indépendante physiquement mais accro d’une certaine manière à l’extérieur, que ce soit des personnes, des objets. J’ai voulu me persuader que j’étais pas comme tout le monde, que j’étais capable de me passer de cet extérieur. Foutaises. Présomption. Réussir à percer l’impasse.

Me voilà autrement. Les mêmes personnages m’environnent, mais avec d’autres noms accolés et d’autres sentiments à côté. Je vais maintenant avancer plus sûrement, je crois. Même si les passages que j’ai recopiés de mon carnet ne sont pas ce qu’il y a de plus stable. Je peux pas encore trop m’asseoir sans tomber. Sûrement que c’est impossible de jamais se rétamer.

J’entreprends une autre mission, un autre point de vue. Je n’ai aucun projet en tête, je sais juste que tout ça, c’est des foutaises.