samedi 29 décembre 2007

framboises

Encore sous l'emprise des trois verres en trop ingurgités sans réticence ce soir, je suis en mesure de mettre à plat quelques évènements.

Hier soir, encore quelques menus instants dans ce bar d'Amnellville, seul endroit où il peut se passer "quelque chose" dans cette ville. Je tourne la tête et ne peux pas éviter de voir Cédille, cette fille avec qui je me réconcilie tous les deux ans. Je lui tape une bise saugrenue, inappropriée, sa voix part en queue de poisson alors instinctivement je la prends dans mes bras. Je suis heureuse parce que je ne peux pas m'empêcher d'éprouver quelque chose en pensant à elle, malgré tout. On se parle quelques minutes, les autres à ma table ricanent, je leur rétorque "qu'ils ne peuvent pas comprendre". Je projette de la voir en tête-à-tête dimanche après-midi. Cette idée me replonge dans nos deux dernières entrevues, il y a quatre et trois ans, toujours dans ce même bar. On s'était raconté les épisodes de nos vies respectives qu'on avait ratés, espérant pouvoir tout reprendre ensuite. Je me doute que ça ne fonctionnera toujours pas cette fois-ci, mais ça me fait plaisir de la revoir, malgré tout. Elle ne m'a pas fait de mal directement, en y repensant, elle a juste changé, si vite et si radicalement que je n'ai pas eu le temps de me dire qu'elle restait mon amie, malgré tout.

Et puis, ces réminiscences de silences entre L. et moi demeurent, je ne m'y fais pas. J'arrive cependant à trouver la force de me dire qu'il n'est peut-être pas celui qui durera éternellement pour moi. Il y a certains côtés de sa personnalité qui me rebutent et je me doute que c'est la même chose pour lui.
Mais, si ce n'est lui, qui est-ce?

jeudi 27 décembre 2007

sans titre

C'est marrant même à vingt ans, je fais encore des insomnies la nuit de Noël. A demi consciente, je pensais au cadeau insoupçonné pour mon frère, au SMS cinglant de L., au comportement belliqueux et fier de ma cousine pendant le repas du réveillon chez ma tante.

Ces derniers jours, je me réjouissais d'avance du 24 au soir, le réveillon chez ma tante, en famille. Je ne me souviens pas d'avoir déjà passé le soir de Noël chez elle alors cet inédit rendait la chose encore plus attrayante. J'avais hâte de voir si nous étions encore capable d'un repas joyeux à nous neuf, cela faisait si longtemps que ce n'était pas arrivé.
Et puis, j'appelle L. une heure avant d'aller chez ma tante, pour lui souhaiter un joyeux Noël, j'étais dans l'enthousiasme de l'attente d'un moment heureux à venir, j'y tenais. L. me demande en passant si je veux bien retourner à N. pour le 1er ou le 2 histoire de fêter le nouvel an chez son père. Je n'avais pas prévu ça, j'avais prévu de rester deux semaines non stop chez moi, à profiter de chaque menu moment avec mes parents et mon frère. Eh oui, je suis encore comme ça. J'aurais dû me douter qu'il y aurait forcément un élement déclenchant une tempête dans notre couple, comme à chaque fois que je retourne à Amnellville. Après ce coup de fil, mon enthousiasme était déjà quelque peu entamé.

Ensuite, dans la soirée, quelques gestes ou paroles maladroites ou blessantes sans le vouloir ont parfait le tout. Ce n'est que l'interprétation que j'en fais qui me fait sentir si vulnérable, si insignifiante. J'en suis consciente, depuis le temps. Je sais aussi qu'en faire part ici ne fait que me rendre plus pathétique, mais je n'ai pas mon carnet sous la main, il est resté à N., et je n'ai pas envie d'en parler à des feuilles volantes.
C'est dans ces moments-là que je ressens chacun de mes défauts avec une telle acuité, je voudrais ne plus avoir rien à dire pour m'excuser ou me faire pardonner, alors je force ma bonne humeur jusqu'à en devenir lourde pour essayer de me rendre vraiment joyeuse, du coup, mon frère me rembarre pour que j'arrête mes bouffonneries et je tombe dans l'apathie dans laquelle j'aurais dû me vautrer depuis le début.

C'est donc en rentrant du réveillon que j'ai lu le message de L. Ne me sentant pas d'humeur combattive et n'ayant pas envie qu'il trouve quelque chose à redire aux arguements quelconques que j'aurais pu lui renvoyer, je suis allée me coucher en espérant que le silence serait réparateur.

Deux jours après, aucun signe de vie de la part de L. J'ai longuement hésité avant de faire le premier pas, de ravaler ma fierté et de composer son numéro. Il n'a pas décroché. Quelques heures plus tard, toujours aucune réponse. Maintenant, m'est avis que ce n'est plus à moi que revient la faute.
Je me sens célibataire depuis ce matin, une étrange sensation à laquelle je ne voulais pas croire, puis je m'y suis habituée petit à petit. Je m'imagine allant chez lui récupérer mes affaires, lui demander s'il veut quand même ses cadeaux de Noël, mais ai du mal à me voir sortir avec quelqu'un d'autre prochainement. Je pourrais dire que je suis sorti avec lui pendant presque trois ans, que je pensais qu'il serait le bon, bêtement.

Peut-être que lui aussi prendra sur lui demain et m'appellera, et que tout mon scenario tombera à l'eau, qu'il y aura finalement la dispute à la place de ce silence qui commence à devenir pesant.

mercredi 14 novembre 2007

"exploser les petites bulles d'énergie entre les muscles"

Le bus se précipite, comme on chute sans fin, les cahots de la route se transforment en vagues souples sous l'effet de la vitesse. J'ai l'impression d'être dans le chat-bus de Totoro. Les portes s'ouvrent quelques secondes, laissant pénétrer le froid et les quelques passagers - semblant être venus exprès pour retarder notre course - qui s'entrechoquent quand le bus redémarre de plus belle. J'ai l'impression d'être dans une péniche lancée à toute vitesse, voguant sur un courant houleux. Au dehors, il fait déjà nuit noire, j'appelle Laura pour la prévenir de mon arrivée imminente, j'entends son sourire quand je lui fais part de mes craintes de ne pas sortir entière de ce bus.
Finalement, j'en sors indemne, ce qui me permet de me diriger vers la fac de Lettres aux côtés de Laura, sous son joli parapluie transparent. On parle de nos journées respectives, de nos impressions sur La forêt de Mogari, visionné deux jours auparavant. Tout ceci en avançant d'un bon pas pour braver le froid cinglant. J'essaie de mémoriser le chemin qu'il faut emprunter pour aller jusqu'à la fac, bien que ce soit la troisième fois que je le parcours. Je ne pourrais pas toujours compter sur d'autres pour me guider.
Nous arrivons à destination, en avance, déjà un peu moins intimidées par ce qui nous attend. Les profs arrivent en retard, "ce sont des artistes, il ne faut pas l'oublier". Et voilà, le cours de théâtre commence.

Je ne vois pas les deux heures passées, je pourrais recommencer une nouvelle journée tout de suite tellement je me sens énergique en sortant. Mais voilà, le froid revient, après la chaleur moite de la salle, l'excitation retombe et j'irais bien dans mon lit finalement.

samedi 11 août 2007

Aurore

Elle me dit qu'elle ne se souvient plus de cette époque, je lui rappelle quelques morceaux choisis, significatifs, et alors la mémoire lui revient, elle enchaîne sur d'autres anecdotes et me voilà rassurée : tout n'a pas été encore perdu entre nous deux.

J'avais préféré la détester plutôt que l'ignorer pendant un temps, ma fierté n'appréciant guère ni les affronts et ni les éloignements subis. Maintenant, quand nous nous remémorons ces morceaux de notre adolescence, j'aime à penser que tout n'est peut-être pas perdu, il est peut-être encore possible de vivre des choses intéressantes avec elle.
Mais, quand l'effet de l'alcool et des autres substances dans l'air est passé, je m'aperçois que ce qui nous a fait rire ce soir-là c'est encore nos souvenirs et non pas le présent, puisque nous n'avons plus grand chose à nous dire. Elle m'a fait un récapitulatif de ses nouveaux emmerdes familiaux et autres et c'est tout, que se raconter d'autre de neuf? On se dit qu'on se téléphonera plus tard pour se revoir entre nous, sans tous ces cris d'orfraie que poussent les filles poussées dans la piscine. J'y crois vraiment sur le moment, je me sens heureuse de lui avoir parlé pendant une demi-heure à peine. Ces intonations dans sa voix que je ne lui connaissais pas m'amusent et m'attristent en même temps, rien ne pourra plus être pareil, après tout. J'oscille ainsi entre joie et déception imperceptible, tout ça pour ne savoir que penser de cette entrevue au final.

mardi 17 juillet 2007

à noter :

ces quelques soirées passées au café avec M. à boire des bières et des bières pendant les heures festives, ce qui l'amène à me raconter son histoire petit à petit, à parler du Labo et à putasser dans le dos de ceux qu'on apprécie peu. L'année dernière, je me disais déjà que M. ressemblait à moi dans quelques années, un peu cynique, dépressive mais marrante. On fume des cigarettes pendant que la conversation fleurit, je lui lance quelques allusions quant à mes propres amourettes moisies mais je ne vais pas plus loin, il n'est plus vraiment de nécessité d'en parler voire de les étaler.
Un soir, Aurélie s'est jointe à nous et nous a proposé un restaurant pour continuer sur notre lancée. Je ne l'avais pas fait depuis longtemps : passer toute une soirée à l'improviste avec des presque inconnus sans avoir réfléchi un long moment quant au pour et au contre.
Finalement, je les ai quittés vers minuit, presque avec regret, avec beaucoup d'alcool dans le sang, beaucoup trop quand on doit retourner au travail le lendemain matin.
Moralité : je ne me sens pas encore mal à l'aise en compagnie de trentenaires et j'ai même passé un bon moment. Ca ne tient pourtant à rien, des conversations sur Ikéa (où je n'ai pas encore mis les pieds, le drame pour M. et Aurélie), la nièce de M. ou encore un petit poisson rouge nommé Juanita.