Ce n'était pas clair dans ma tête, plutôt un sentiment diffus, je pensais qu'aucun mot n'aurait pu englober toute la complexité de ce que je ressentais à cette époque.
Assise sur le bord du lit de C. avec un café à proximité, je prends ma respiration et tente une explication. C. prend un air sérieux, ce qui n'est pas dans ses habitudes, il attend patiemment que je trouve les mots les moins faux. Je n'avais encore pas cherché à décrire la situation à quelqu'un d'extérieur mais je savais que C. me comprendrait quelque soit mon aveu.
Je prends une grande inspiration et me lance, comme ça, sans trop réfléchir.
"Je ne me vois pas sans lui, plus tard. Je ne conçois pas qu'un jour, je puisse ne plus avoir besoin de lui."
C'est en prononçant ces phrases que j'ai compris quel sentiment précis m'étreignait depuis des semaines. Ce n'était pas si compliqué finalement. C. a dû s'en rendre compte en même temps que moi mais a eu la présence d'esprit de ne rien dire, se contentant de garder les yeux dans le vague quelques instants.
