mardi 15 janvier 2008

les faits, rien que les faits

Je suis dans un parc à la française, allongée, les yeux fermés. A côté de moi, Yann et sa petite amie sont assis en silence. Ils se lèvent, toujours en silence, passent à côté de moi et s'en vont. J'ouvre les yeux, les appelle, leur demande si finalement ils vont se baigner. Oui.

Je suis dans ma chambre à Amnellville et cherche avec fureur un maillot de bain. J'en trouve un moche. Entre temps, une fille (A.) allume mon ordinateur portable et se connecte sur sa session MSN. Je la laisse faire parce apparemment elle est invitée chez moi.

Je me dirige vers la piscine (celle de l'ancienne maison de L.) quand mon père m'interpelle. Je suis énervée parce que je veux absolument aller me baigner, c'était dans mes plans et je n'ai aucune envie d'en changer. Humeur caprice de petite conne. Je lui réponds d'un ton peu amène, il me rappelle que j'avais un service à lui rendre.
On se retrouve dans une sorte d'étable, des raies de lumières s'immiscent entre les planches mal jointes. Il ouvre une porte et attrape un moineau. "Ta mission est très simple, tu mets du scotch autour d'une de ses pattes et tu écris tes initiales et un numéro sur ce scotch." Il y a une centaine d'oiseaux piaillant et derrière une autre porte, des crocodiles qui claquent des dents avec cette sorte de sourire dont ils semblent constamment affublés. Mon père me dit que pour le moment, il n'a encore jamais eu aucun problème de cohabitation entre les deux espèces, aucun oiseau n'a été porté disparu. Ce sont des moineaux voyageurs, un commerce florissant d'après mon père, assez fier de lui.

Je scotche une dizaine d'oiseaux avec une sourde rancoeur au ventre, j'en ai assez d'être là, je perds mon temps, je veux aller me baigner. Après quelques minutes, je ne tiens plus, me lève et tape du pied. Je lui dis que j'en ai assez de faire ça, c'est pas marrant.

Nous sommes à Amnellville, il y a des invités, ma grand-mère entre autres. Mon père leur raconte ma mutinerie de l'après-midi. Tout le monde rit de moi, je n'aime pas ça du tout, leurs regards goguenards sont tous tournés vers moi. Je me lève et pars dans ma chambre. Je vois mon ordinateur avec deux messages MSN non lus, un de R. (le garçon qui m'avait larguée après trois jours en terminale) qui sort avec A. et d'un autre garçon qui était intéressée par A. Ca m'énerve au plus au point qu'elle reçoive des messages sur mon ordinateur, je me sens prête à exploser. J'entends ma grand-mère dans le couloir déblatérant sur ma personnalité foncièrement mauvaise. Les autres invités sont dehors, ils s'en vont, je vois leur voiture rouge flambant neuve en travers de la rue. Il est minuit à mon réveil flick-flack (redécouvert il y a peu dans un tiroir). Je me sens trahie par ma grand-mère, je ne peux plus rester dans cette maison, il faut que je m'échappe au plus vite, c'est malsain ici. Je remplis deux sacs de toutes les affaires que je trouve et me demande intérieurement comment je vais pouvoir les porter sur tout le chemin qui m'attend (j'ai décidé de retourner à N. par tous les moyens, faisant fi de ma peur de l'auto-stop, la nuit noire et la solitude). J'ouvre la porte de la chambre, me trouve nez à nez avec mon père et sa mère, je leur explique avec défi et précipitamment que je ne peux plus rester ici, qu'il faut que je quitte cette maison. J'adresse une phrase à ma grand-mère qui me tourne le dos explicitement. Je retourne dans ma chambre quand elle me demande "au fait, tu vas quand à Paris?" je lui rétorque vertement que moi aussi je pourrais ignorer sa question, que son hypocrisie m'écœure.

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Je sanglote dans mon sommeil, me réveille à moitié, ouvre un oeil qui me confirme que je suis bien seule dans mon lit et décide donc de me laisser aller à pleurer tout mon soûl.