jeudi 3 janvier 2008

après

"Alors, heureuse?" Tu dois bien te douter de la réponse, non? Je flotte dans un bonheur voluptueux depuis plusieurs jours, un bonheur inespéré depuis si longtemps. Le son de ta voix, dès les premières syllabes me ramènent tout de suite sur Terre, non, je ne rêve pas, tu es bien au bout du fil, après tant d'attente. J'avais écrit un truc sur l'attente insupportable que nous avions connu à nos premiers émois, il doit traîner dans un de mes tiroirs, je ne l'ai pas encore relu. Je sais que ce texte t'avait ému à l'époque, serais-je encore capable de te toucher à ce point aujourd'hui? Parce que c'est bien d'aujourd'hui dont il est question, je n'ai plus à m'immerger indéfiniment dans ce passé pour tenter d'y trouver un quelconque réconfort. Tu es de nouveau près de moi, dans mes pensées, dans mes sourires béats. Qui l'eût cru?

Je ferme les yeux quelques secondes quand tu me parles, je revois ton visage, précisément, sous tous les angles et dans toutes les positions imaginables. Je me souviens de cette plénitude qui m'envahissait en te regardant, en t'observant sans relâche pour ne jamais t'oublier. Je n'aurais jamais voulu que ça s'interrompe, mais je savais bien que je priais l'impossible. T'avoir à moi pendant plusieurs jours étaient déjà du domaine du rêve éveillé. J'avais tant espéré te revoir, recommencer quelque chose de neuf avec toi et à présent que tu m'en offres la possibilité, je ne sais pas par où commencer. Au début, je t'en ai voulu : pourquoi avoir attendu tout ce temps pour réapparaître? Pourquoi tu n'as pas eu le courage de me dire tout de suite que je te manquais? Comment croire après tant de bourrage de crâne que tu aies encore besoin de moi aujourd'hui?

Je referme un instant les paupières et je te pardonne instantanément. Ca valait la peine d'attendre, je t'assure.