Il me dit : "ne fais comme pas avec C. et Lou, ne les déçois pas." Je suis interloquée, je n'ai jamais eu l'impression de les décevoir, je lui demande d'aller au bout de sa pensée. "Tu ne t'es jamais demandée pourquoi ils ne t'ont jamais proposé d'aller les voir à Reims? Je crois que tu les as profondément déçus." Oui, mais alors quand? Au Labo peut-être, quand je faisais ma petite chef à tout bout de champ, c'était il y a presque deux ans, j'ai changé depuis, je ne pensais pas qu'ils m'en avaient gardé rancoeur. Il est vrai que nous n'en avions jamais réellement parlés.
Depuis plusieurs années, je les considère comme des amis stables, en lesquels je peux avoir confiance, sans doute possible.
Cette petite phrase glissée dans la conversation me fait un mal de chien. Elle remet tout en cause, est-ce que j'ai raison d'être tant attachée à eux? Est-ce que cette amitié a jamais été réciproque? J'ai encore plus envie de m'enterrer six pieds sous terre après ça, il n'a pas l'air de s'apercevoir du coup de massue qu'il vient de me flanquer. Puis, je me souviens :
"Je sais maintenant que rien ne dure
Et que rien n'est éternel
Qu'il n'y a pas de fin plus heureuse
Et pas d'histoire plus belle
Que plus haut tu construis ton piédestal
Plus dure sera la chute
Plus haut tu places ton idéal
Plus vaine sera ta lutte
Je sais maintenant que rien n'est acquis
Et que rien ni personne n'est à moi
Que rien n'est constant que le changement
Que le temps passe comme l'eau entre mes doigts
Et que les doutes d'hier
Disparaissent au lendemain
Et que toutes les vérités du jour
S'évanouissent au matin"
[Stéphane Marchand]
Il reprend : "mais c'est hors-sujet, désolé, revenons-en à notre problème."
De mon côté, la solution est toute trouvée, tu peux me mépriser, je n'en ai cure.
