L'alcool triste, ce soir. Il faut dire qu'une bière suffit à me faire tourner la tête et je suis seule ce soir, qui plus est. D'habitude, j'aime bien ma solitude, elle ne me dérange pas, je n'en ai même pas conscience. Mais ce soir, précisément, elle me fait l'effet d'une claque, cinglante, sans appel. Il y a bien mon frère chez qui je pourrais toquer, trois étages à descendre, ce n'est pas vraiment compliqué.
Mais je n'en ai pas réellement envie, je me complais dans ma solitude aiguë de ce soir. Je trompe le temps en ouvrant un bouquin, en augmentant le son de la musique, en trottinant entre mes quatre murs. J'augmente le chauffage parce que le froid m'effraie. Je m'emmitoufle dans une couverture, j'aimerais me recroqueviller dans un sommeil réconfortant mais je ne suis pas fatiguée. Mes yeux sont grand ouverts et je n'ai rien pour les occuper. Je pourrais regarder un DVD, je pourrais essayer de me replonger dans mon livre mais je sais que ce n'est pas de ça dont j'ai besoin, au fond.
Je sais bien ce qui me réconforterait, me rendrait heureuse à en exploser mais il n'est pas là. Je suis à court de palliatifs à son absence, je ne peux qu'imaginer sa présence à mes côtés, sa chaleur, sa douceur, tout ce qui rend son absence si douloureuse. Je me sens d'humeur "minauderies rêveuses" mais personne n'est là pour éponger mes envies.
