samedi 2 août 2008

pipeau

Bien sûr, je n'ai pas réussi à me dépatouiller de l'histoire précédente en évitant grimace et orgueil rabougri. Je me suis sentie si nulle quand le silence est devenu certain, sans aucune suite, en gagnant dans l'assurance de plus jamais rien savoir de lui. Je ne voulais plus y songer à nouveau, ne rien taper à ce propos, mais c'est ma gorge se serrant parfois qui me fait bien sentir que je me fourvoie.
Ce matin, Js me parlait de son amoureux qui a duré quatre ans, les yeux brillants à un moment, car malgré le temps écoulé, ça lui fait encore du mal de repenser à ce type qui l'a bafouée, qui ne lui aurait rien avoué si elle n'était pas aller le chercher. Je me dis que c'est peut-être "ça" mon histoire dont je parlerais de temps en temps les mots serrés entre les dents parce que c'est encore un peu de douleur à l'évocation. Mais elle a vécu plusieurs années avec cet homme, c'était quelque chose de potable, quelque chose qui se vit pour de vrai. Lui et moi, c'était beaucoup de mots et peu d'actes. Alors, cela pèse-t-il autant sur la balance?
Js m'a demandé combien de garçon embrassés sur la bouche? J'ai dit six moins un, parce que je ne veux même pas le citer à comparaître, il n'a jamais vraiment existé, c'était de l'attente extatique, de la folie douce à venir. Oh, bien sûr, s'il réapparaissait encore un jour, je ne saurais peut-être pas répondre de moi-même, je serais peut-être à nouveau empêtrée dans mes doutes existentielles à vouloir faire sortir coûte que coûte cette envie de l'avoir à nouveau.
Il n'y a rien à expliquer rationnellement, c'est un X file en suspens, qui n'a même pas bien fini. Je pourrais en mettre des tonnes sur lui, monologuer à l'infini en soupirant, mais comme dit Js "et puis ça passe, c'est comme tout" avec un petit claquement de langue désespéré.

Dans le lot des petites déceptions qui continuent et me rendent acides, il y aussi, encore et toujours, C. qui ne me regarde même pas quand je lui parle, qui se détourne quand j'arrive en face de lui dans un couloir au Labo et qui va au restau avec mon frère et d'autres gens. J'étais amère hier en voyant mon frère partir le rejoindre alors que j'étais habillée en pouilleuse sur le pas de la porte avec mon chien. Je suis jalouse à en crever, puis je me dis que si ce n'était qu'un quidam venant travailler l'été au Labo, m'en sentirais-je blessée? Parce que c'est ce qu'il est devenu au fil des mois, un inconnu en blouse blanche.

Je suis à nouveau pleine d'espérance pour la rentrée prochaine à savoir que je caresse l'idée de faire de nouvelles connaissances grâce à ma Carole qui vient à N. et qui est moins acariâtre que moi, revoir Ian qui va dans une école à Perpette assez souvent pour ne pas qu'il me manque. M. aussi va me manquer, nos discussions et nos verres toujours remplis, les regards de connivence sur des petits riens qui mettent du baume au cœur. Je ferais mieux de penser à elle plutôt qu'à tous ces fantômes qui ne prendront plus forme humaine avant un paquet de temps.