Autre exemple, nous venons d'engloutir une montagne de frites et de moules et je ne sais plus quoi faire : prendre un chocolat liégeois ou pas?
Ian m'explicite simplement les deux possibilités qui s'offrent à moi si je me décide à commander le dessert : soit je m'exécute sans une once de remords et ne songe qu'au plaisir que je m'offre là, soit je le fais avec un arrière fond de culpabilité et je ne savoure rien. Quand il me dit ça, mon visage s'éclaire parce que, zut, L. n'a jamais été foutu d'être aussi patient avec moi quand je lui parlais de ce genre de dilemme.
Je crois que je lui ai donné un bon point pour ça, ce soir-là.
Je veux me souvenir de toute sa gentillesse envers moi, ses petits sourires quant il me dit une de ses phrases-déclarations en détournant le regard quelques secondes pour mieux le planter dans le mien ensuite. Quand il me dit "hey, souris" parce qu'il y a de quoi.
Il me rend foutrement heureuse, y a pas à dire. Alors, j'essaie de me mettre au même niveau de sincérité que lui en lui avouant le surnom qu'il prend dans ma tête quand je songe à lui. Du coup, il a pris une posture concentrée pour essayer de se faire pousser les ailes dans le dos.
Pour ne pas être en reste, il m'a dit quelques jours plus tard qu'il ne trouvait pas d'autre nom approprié que Coralie pour me définir en lui même. Il a dit que de son côté, les mots lui manquaient : "ce serait comme un grand halo de lumière qui entoure, réchauffe et apaise" mais il se voit mal m'appeler "mon rayon de lumière éthérée".
J'ai hâte de pouvoir m'endormir encore et encore à ses côtés, de le serrer à lui briser des côtes, ou de sentir ses lèvres se poser sur mes cheveux délicatement ou même de sentir ses mains sur mon visage pour qu'il puisse affirmer que ma peau est douce et que s'il était aveugle, ce serait à ça qu'il me reconnaîtrait.
