samedi 11 août 2007

Aurore

Elle me dit qu'elle ne se souvient plus de cette époque, je lui rappelle quelques morceaux choisis, significatifs, et alors la mémoire lui revient, elle enchaîne sur d'autres anecdotes et me voilà rassurée : tout n'a pas été encore perdu entre nous deux.

J'avais préféré la détester plutôt que l'ignorer pendant un temps, ma fierté n'appréciant guère ni les affronts et ni les éloignements subis. Maintenant, quand nous nous remémorons ces morceaux de notre adolescence, j'aime à penser que tout n'est peut-être pas perdu, il est peut-être encore possible de vivre des choses intéressantes avec elle.
Mais, quand l'effet de l'alcool et des autres substances dans l'air est passé, je m'aperçois que ce qui nous a fait rire ce soir-là c'est encore nos souvenirs et non pas le présent, puisque nous n'avons plus grand chose à nous dire. Elle m'a fait un récapitulatif de ses nouveaux emmerdes familiaux et autres et c'est tout, que se raconter d'autre de neuf? On se dit qu'on se téléphonera plus tard pour se revoir entre nous, sans tous ces cris d'orfraie que poussent les filles poussées dans la piscine. J'y crois vraiment sur le moment, je me sens heureuse de lui avoir parlé pendant une demi-heure à peine. Ces intonations dans sa voix que je ne lui connaissais pas m'amusent et m'attristent en même temps, rien ne pourra plus être pareil, après tout. J'oscille ainsi entre joie et déception imperceptible, tout ça pour ne savoir que penser de cette entrevue au final.