dimanche 20 avril 2008

soit dit en passant

J'ai envie de parler de quelques anecdotes, mais je ne trouve pas les mots, le bon ton.

Ici, je me laisse glisser dans une tristesse languissante, il n'y a pas beaucoup d'histoires drôles. Je ne suis pas toujours comme ça mais il m'est nécessaire de passer par cette case pour pouvoir poursuivre.
Si je n'avais pas oublié encore une fois mon carnet à N. je n'exposerai rien ici. Je n'ai plus envie d'exhiber mes phrases sans intérêt, j'ai de nouveau cette envie de disparaître.

J'ai fait un rêve étrange cette nuit, je ne m'en serais pas souvenue si je ne n'avais pas été à moitié réveillée par le froid dans la chambre. Quelqu'un enfonçait lentement mais sûrement une dague au niveau du sternum de mon frère. Je me disais que ce n'était pas possible d'enfoncer cette lame avec autant de facilité avec l'os en dessous. Je ne sais plus si c'était moi qui tenais l'arme.
Il y a quelques nuits, c'était mon père qui décédait et quelqu'un avait critiqué l'hommage partiel que je lui avais rendu à son enterrement. Je pense deviner la raison de ce rêve : ce soir-là, j'en avais un peu marre de courir partout pour rendre service à tout le monde dans la maison et qu'on ne se rende pas compte du mal que je me donne pour que personne ne manque de rien à table. Alors, ma conscience a dû me travailler et me punir pour cet agacement mal placé. Je me comprends.

Nous avons parlé de C. à midi, mon père a été quelque peu virulent à son égard. Je ne me sens même plus déçue par lui, son retournement de veste inopiné et son silence radio depuis deux mois. Je pense que je l'ai idéalisé, j'ai fait de lui mon meilleur ami parce que j'étais mal en terminale et il n'y avait qu'à lui que je parlais. Mais était-il à la hauteur de ces confidences? Maintenant, j'en doute. Je ne veux plus penser aux ragots disséminés, je ne me souviens plus exactement de leur teneur, c'est sans importance aujourd'hui.
Enfin si, ça doit jouer, enclencher ce mécanisme qui m'anéantit petit à petit. Ce sont tous ces détails amoncelés qui font que je me sens si mal parfois. Mais ce n'est pas grand-chose,

Je suis encore allée voir M. chez elle, quand JC son petit ami était là. Elle me dit que je ne dérange pas, qu'il faut que j'arrête de faire mon Amnell à me sentir toujours de trop. Mais tout de même, ce n'est pas normal d'être toujours là entre eux deux, ils vont en avoir ras-le-bol à un moment donné.
Et puis, hier soir, M. m'a dit "ah oui, c'est vrai, c'est dans ces moments-là qu'on sent notre différence d'âge", rapport à un journaliste (dont je ne me souviens plus du nom) mort il y a tout juste dix ans et qui m'était inconnu. Plus tard, elle s'est aussi demandée à haute voix si c'était elle qui était en retard dans sa tête ou moi qui suis trop mature pour qu'on s'entende si bien. Je lui ai assuré que c'était moi qui étais trop en avance sur mon âge.