lundi 14 avril 2008

feeling good

Ça ne se passe pas trop mal pour le moment à la maison, il faudrait que j'arrête d'appréhender le pire. Mon frère ne peut plus dire que je suis grosse puisque j'ai perdu un peu de poids, alors il dit que je vais perdre mes doigts à force de les rogner. Mais ça reste bon enfant, je ne le prends pas mal. Je me dis qu'il ne faut plus prendre les choses comme ça, en plein cœur, faire comme si c'était des badineries, s'il parlait tout à fait d'autre chose.
Je n'ai pas révisé depuis trois jours, pourtant, j'ai essayé cet après-midi, à la table du salon avec Laura qui a aussi des partiels bientôt, mais impossible de me concentrer. Je retombe sur mes bulletins de notes du lycée en fouillant dans mes tiroirs à la recherche de feuilles de brouillon. Je me remémore l'exploit du bac, les notes incroyables dans les matières scientifiques, il y a eu un miracle il y a trois ans, je ne vois que ça.
Je relis mes journaux intimes, je replonge dedans, je ne me souvenais plus de ces écrits, je ne me souvenais plus à quel point j'étais amoureuse. Du coup, je me dis que malgré tout, je ne me trompe pas, il y a eu sentiments, ils ont perduré en flottaison, en jachère pendant ces années et ils sont de nouveau à portée de main, je ne peux pas me leurrer. J'aimerais bien me dire que ce n'est pas plausible comme histoire au vu des faits, que j'ai dû me monter le bourrichon, mais je me souviens si bien maintenant.

J'ai beaucoup parlé de moi ces derniers jours, il semble que j'accaparais la conversation en mon sens, ce n'est pourtant pas dans mes habitudes. Ça m'a fait du bien d'avoir un regard extérieur à l'affaire, quand j'ai l'impression de sombrer un peu.

Je suis allée voir M. ce soir chez elle, il y avait son éventuel futur petit ami. C'était amusant, une fois qu'elle a refermé la porte sur lui, elle a chuchoté "alors tu en penses quoi?" et puis on a discuté de tout et de rien pendant deux heures, en buvant un punch et allumant trop de cigarettes. C'est fou à quel point on se ressemble, je l'apprécie de plus en plus. Elle m'a parlé de ses anciens petits amis, des périodes où ça n'allait pas, où elle se tapait la tête contre la baignoire et je lui ai dit "tiens j'ai fait ça aussi" et elle m'a dit d'un air goguenard "ça fait du bien hein?" mais elle avait bien plus de raisons que moi de tourner en bourrique, c'était du harcèlement moral qu'elle subissait, il m'aura juste suffi d'une petite déception amoureuse (R.) pour en venir là. J'ai une tendance à laisser les choses prendre de l'ampleur pour peu, pour peu qu'on me souffle dessus, je vois une tornade.

J'attends encore une réponse, j'attends qu'il me souffle du chaud ou du froid. S'il faut que je lui prouve par écrit à quel point je tiens à lui, pas de problème, je dois avoir les ressources, tant pis si ça aura été en vain, j'aurais essayé.

Ce soir, rien n'est grave.