jeudi 28 octobre 2004

Plus tard, je serai Superman (mais pas maintenant)

Rester enfermée chez moi de mon plein gré me donne l’impression de manquer quelque chose à chaque instant. Impression de passer à côté d’un truc formidable en restant ici à mater des films plus ou moins chouettes. J’ai beau me raisonner, me dire que si je sortais, je m’ennuierais bien plus, et je perdrais mon temps. Alors, je ne sais pas ce qu’il me faut pour que j’ai la satisfaction du devoir accompli, en un peu moins solennel, j’aimerais bien savoir ce que ça fait de se sentir pleinement satisfait de soi.
Cette idée de l’auto-contentement me fait venir à l’esprit l’image d’un vieux bonhomme gras du bide affalée dans un fauteuil avec une bière à la main, avec un sourire béat sur sa face bouffie. C’est vrai que ce n’est pas vraiment ce à quoi j’aspire, mais c’est tout ce que cela m’inspire (notez la subtilité du contraste.)
C’est peut-être d’avoir visionné Carnet de voyages de Walter Salles mardi soir qui m’a révolutionné la tête à petits coups de grandiloquence des idées et de noblesse d’esprit. Oh, ça ne durera pas, c’est certain, ce que ça m’insuffle est paradoxal, d’un côté, l’idée d’avoir une existence plate, morne et inutile et de l’autre, la certitude de ne pas avoir à être un héros pour changer les choses, aussi infime soit le changement.
Je ne crois pas à la destinée et toutes ces bêtises, il suffit d’un peu de volonté pour gouverner sa vie comme bon nous semble, et ça doit être ça qui me fait défaut.

Qu’est-ce qu’il ne faut pas se dire pour trouver la force d’aller rincer son bol de thé.