vendredi 1 février 2008

crochets clichés


Je m'en doutais, évidemment, je savais où cette fin de soirée allait me mener. J'avais probablement envie de voir si comme la dernière fois, je saurais me retenir au dernier moment, voir plus loin que le bout de mon nez et retenir mes gestes, ceux que lui attendait si fort.
Quatre verres et cinq cigarettes plus tard, je suis sous sa couette, comme si ma place était encore là. Je ferme les yeux, je me sens comme aspirée par un siphon, je n'ai même plus envie de l'arrêter, de tenter de dévier du schéma tout tracé dans lequel je me suis laissée embarquer dès la sortie du bar. Comme si la fatalité jouait un rôle dans tout ça.

Il m'avait dit "allez viens, on va finir cette petite soirée sympa chez moi, si tu veux, je dormirai par terre" et j'avais levé les yeux au ciel, n'importe quoi, vraiment.
Sur le chemin, ils me reprochèrent mon silence obstiné, je n'avais pas envie de leur montrer que l'alcool contenu dans deux verres standards faisait déjà son effet, je n'avais pas envie de raconter n'importe quoi juste pour le bruit, mais je ne suis pas pour autant retournée sur mes pas, ce n'était même pas un guet-appens, je laissais faire.

Alors me voilà dans son lit, collé à moi, il me dit des trucs inédits venant de lui, et touchants quelque part, il me dit que je suis la plus belle du monde, qu'il a bien vérifié ces derniers jours en regardant autour de lui, qu'il m'aime, que je lui ai tellement manqué. Je ne réponds rien, je me contente de caresser sa peau pendant qu'il fait de même avec mon ego, je souris sarcastiquement dans le noir, mais je ne me lève pas pour autant. J'ai envie de lui pour ce soir mais pas plus et je me doute que ça lui sera difficile à accepter au réveil, quand ma tête aura fini de tourner.

Ce matin, il me court après dans la rue, encore de l'inédit, il me supplie de rester, interrompt ses propos quand un passant se rapproche, parce qu'on n'est pas dans "Plus belle la vie" non plus. Il réclame des explications, des significations derrière l'acte, je lui répète que j'ai juste cédé à la solution de facilité.

On ne peut pas devenir amie avec un ancien amoureux quinze jours après l'avoir quitté. Il fallait que je vérifie. Mais était-ce vraiment du domaine du nécessaire?