lundi 11 février 2008

broderie sur le même thème

Évidemment, aujourd'hui, je pourrais faire un peu n'importe quoi pour montrer ce que je ressens, extérioriser les sentiments d'une manière plus ou moins plaisante. Je pourrais passer aux actes regrettables, chercher à tromper la faim en déviant mes envies sur d'autres, revenir auprès de L. pour un peu de chaleur humaine, quand bon me semblerait. Je l'ai fait une fois et ça me semble amplement suffisant. C'est toujours pareil, je n'ai pas envie d'impliquer des étrangers à mon histoire. J'ai les moyens pour atteindre toutes ces issues potentielles mais je vois d'ici les conséquences, les remords et les regrets, les "si j'avais su" à n'en plus finir. Ce n'est plus la peur de l'inconnu qui me retient mais du scepticisme.
Je pourrais hurler pour faire passer le manque et le vide, je pourrais tenter de trouver un réconfort dans de chaudes larmes, parler de mes peurs à je-ne-sais-qui mais à quoi bon? Je vois d'ici où ces détours pourraient me mener : simplement à m'encombrer un peu plus. Mes yeux sont arides depuis des semaines et ma voix reste calme.
Je ne veux plus avoir à me mépriser après les actes, parce que c'est inutile et l'auto-apitoiement m'écœure à force. Je ne ferai que ce qui est nécessaire, pas de superflu ni de pâles subterfuges en attendant. Je vais suffisamment avoir à faire avec "l'après", inéluctable.


"There's solace a bit for submitting
To the fitfully cryptically true
What's happened has happened
What's coming is already on its way
With a role for me to play"

Fiona Apple - Red Red Red