Surtout de ne pas réfléchir, cogiter sur des problèmes dont les solutions m’échappent, comme autant de poissons visqueux entre mes mains malhabiles, et continuer de faire comme si de rien n’était, comme si je n’avais encore rien découvert, comme si mes pensées n’étaient pas alourdies sans cesse par une absence, un ensemble vide.
J’ai beau les remplir par des équations, des romans, des notes de musique, il y a toujours un espace sans rien que je n’arrive pas à combler. Et au moment où je crois avoir entassé assez de choses par-dessus pour faire semblant de ne plus le voir, il explose et tout rejaillit, rendant mes efforts vains.
J’aimerais bien pouvoir me perdre entre d’autres paires de bras, ne pas espérer indéfiniment trouver en toi la hauteur parfaite pour pouvoir loger ma tête au creux de ton cou, pour que tes bras m’entourent toute entière, juste ce qu’il faut.
Alors, comme je sais bien qu’un ersatz de toi serait loin de me satisfaire, j’entoure très fort mes genoux contre ma poitrine, et je t’attends.
