samedi 27 mai 2006

toujours les mêmes

Hier matin, quand je suis arrivée au premier étage du laboratoire d'analyses médicales où travaille mon père, là où toutes les machines fonctionnent en permanence, le patron m'a dit "bon tu vas apprendre à étiqueter" puis en souriant "tu t'attendais pas à ça hein?". Oh pourquoi pas, dès le premier jour il faut bien s'y mettre. La mission consiste à vérifier si les ordonnances correspondent bien aux abréviations des étiquettes à coller sur les prélèvements, ensuite, il faut les coller pour de bon, positionner le code barre bien droit sinon les techniciens ne sont pas contents (dont mon géniteur) et puis recommencer.

Mon père qui était normalement de congés hier, est resté toute la matinée, bénévolement bien entendu, pour reprendre la manip qui n'avait pas fonctionné mercredi soir, quand il a quitté à 21 heures 30. Étant présentée comme sa progéniture, certaines collègues m'interrogent l'air de rien sur cet étrange énergumène qui ne s'arrête jamais de travailler, "il doit bien faire 11 heures par jour, non?", "quand il ne sera plus là, il faudra sûrement en embaucher deux à sa place", "quand il est chez vous, il est pareil?".
Je ne sais pas si je dois être fière ou le plaindre alors je fais la moyenne. Je comprends mieux pourquoi il est si KO certains soirs, il ne raconte presque pas ce qui se passe à son boulot, contrairement à ma mère qui fait la discussion à elle seule, ce à quoi il répond par des approbations gutturales monotones.

Le bruit des multiples appareils fonctionnant en permanence est assourdissant, mais on ne s'en rend compte qu'une fois au calme, ce qui suffit déjà à me fatiguer après deux journées là-bas... A ceci s'ajoute le stress permanent dû à l'accumulation des dossiers, il faut être rapide et efficace, comme dans beaucoup de boîtes me dira-t-on mais je suis néophyte dans le monde du travail.
Une technicienne m'a montré le fonctionnement des principales machines, en ponctuant sa démonstration de "ça, c'est plutôt le domaine de ton père", "d'ailleurs, celle-ci a le chic pour tomber en panne quand il est absent".
J'ai l'impression de découvrir de nouvelles facettes de cet homme qui ne parle jamais de lui, même si rien ne m'étonne vraiment. Quand je suis rentrée tout à l'heure pour lui répéter en gros tout ce qui s'est dit (ça m'amuse) il a répondu d'un air un peu inquiet "mais il ne faut pas dire ça, je ne cherche pas à me mettre en avant", ou quelque chose d'approchant ; ce qui semble aux antipodes de sa personnalité, notons-le bien.