J'ai arrêté de me dire que tout ce que je peux imaginer a autant de saveur que ce qui pourrait m'arriver en réalité, que la redondance des évènements tronque la nécessité de voir se renouveler telle ou telle situation.
L'isolement peut être une bonne thérapie sur une courte durée, le problème étant de connaître la date limite du traitement. Je n'ai plus d'excuse pour m'enfuir aussi vite que possible, les gens ne sont pas si détestables qu'ils n'y paraissent, on s'en accommode. On va même jusqu'à sympathiser. Stop. Ça n'ira pas au-delà. Sinon, je vais encore me paumer dans des relations chewing-gum, fades, qui pourrissent sur pied. On blague, on se raconte des petits épisodes de nos existences respectives, ce qui s'est tramé durant le week-end, ces banalités qui nourrissent les voix le temps de l'interclasse, la durée d'un ennui à combler.
Chacun de son côté, on intercepte un morceau de l'autre, parfois le télescopage est heureux, parfois l'addition est amère.
Mais la prise de risque est proportionnelle à l'implication qu'on y accorde. Je fais des tests pour le moment, mes conjectures quant aux résultats ont beau être pessimistes, il doit y avoir une part de vrai.
