Le froid. Au bord du terrain, Lola, C. et moi accoudés à la rembarde rouillée et écaillée de blanc. C. nous sort son grand baratin de connaisseur, Lola et moi, on s’en balance gentiment, on regarde les joueurs se taper dans les pattes et l’expression mi-inquiète, mi-triomphante par avance sur leurs visages semble être la seule source de chaleur à des mètres à la ronde. Pour nous distraire un peu du mouvement de tête cyclique allant de la droite vers la gauche et inversement, C. exhibe une photos de classe datant de la primaire où nous sommes tous les deux souriants comme deux gentils petits gamins. C’était l’époque où on ne tirait pas un tête de six pieds de long pour montrer que la vie c’est vraiment naze, alors qu’on est simplement les preuves vivantes que l’adolescence est une période bien ingrate difficile à passer. D’ailleurs, je n’en suis toujours pas sortie, comme le prouve tous ces posts.
Je suis contente d’être avec eux deux, je n’ai pas si froid que ça, j’emberlificote avec application ma tête dans mon écharpe jusqu’aux oreilles et ça me va.
