Depuis le temps que je projetais d’aller voir ce film, j’en attendais beaucoup. En plus, c’était la première fois que j’allais au cinéma toute seule, comme le font les vrais amateurs de cinéma. A ma grande surprise, la moyenne d’âge des spectateurs était la soixantaine bien tassée, plein de mamies avec leurs amies mamies étaient venues regarder ce film de junkie. Je devais être la seule représentante des moins de vingt ans. Beaucoup de responsabilité sur mes frêles épaules. Ou pas.
Je m’attendais à être une des rares à me déplacer en ce dimanche après-midi grisailleux, à pouvoir me placer juste au milieu de la petite salle aux tentures rouges fanées, avoir la pleine satisfaction de me garantir un espace vital raisonnable entre moi et les autres spectateurs. Je me suis retrouvée calée entre une honorable mère de famille et une de mes profs de sport du collège. Loupé pour le dépaysement total le temps du film. En plus, n’étant pas au milieu de l’écran, j’appréhendais de ne pas pouvoir me fondre complètement dans le film, tout ça, vraiment, je me prenais pour une grande connaisseuse.
Malgré tout ces petits inconvénients, je l’ai trouvé vraiment chouette. (On remarquera que pour les critiques fondées et pertinentes, il va me falloir encore un peu d’expérience.) Mais ça aurait pu finir mal que ça ne m’aurait pas déplu. Sortir du ciné en se disant “quel dommage tout de même” puis oublier petit à petit pour se ré-attacher à sa réalité médiocre, alors que là, je suis sortie flageolante (deux heures assises, ça en a cassé plus d’un) avec cet espoir du “la vie vaut la peine d’être vécu, la volonté et le moteur de la réussite, c’est au pied du mur qu’on voit mieux le mur” et tout ce genre de conneries. Par contre, ça n’enlève pas le retour goutte à goutte à sa propre médiocrité.
Mais ça, aucun film ne pourra le changer. Que moi. La volonté et le moteur de la réussite. Ou pas.
