lundi 25 octobre 2004

un dimanche plein de rebondissements

Après avoir laissé dix sonneries, quelqu’un se décide enfin à décrocher.

C’était pour moi. C’était Cédille, pour me relater sa soirée nulle de la veille. J’entends sa voix trembler au bout de quelques minutes et lui propose qu’on se voit dans l’après-midi. Il faisait bougrement (oui, oui, bougrement) bon en ce dimanche, et je n’avais pas envie de rester chez moi à somnoler comme une baleine.
Je suis très fière de ne pas y être allée, à cette soirée-beuverie qui devait se poursuivre en boîte, un espèce de tas de tôle dans lequel des tas de corps gigotent en buvant de l’alcool. Et l’alcool, c’est mal, qui plus est, en gigotant de la sorte, ça doit pas favoriser son assimilation dans l’organisme. J’avais prévu le plan foireux consistant aux parents “je dors chez Untel” en étant habillée comme une nonne avec en fait, des fringues bien plus minimalistes en dessous. Alors, en m’imaginant de la sorte, j’avais réussi à extrapolé le stéréotype dont j’allais être le jouet jusqu’à la suite de la soirée en question. Et je suis presque persuadée d’en avoir des souvenirs, même si je n’y suis pas allée finalement, tant ces prédictions étaient réalistes, et encore en plus, confirmées par quelqu’un me connaissant un peu trop bien. D’ailleurs, les échos dont on m’a informée sur la tournure qu’a pris cette soirée vont dans le même sens que ce que je craignais, et je suis de plus en plus fière de ne pas y avoir participer.

En plus, c’est bien connu, les filles entre elles adorent se faire des coups de putes. Et Cédille en a été une victime en ce samedi soir, et c’est moi qui ai eu la dure mission de recoller les morceaux puisque j’étais neutre dans l’histoire. Hop hop, je ressors ma psychologie de magazine “mais tu sais, elles ont sûrement pas dû le faire exprès, si elles t’ont laissé en plan, c’est un malentendu déplorable” alors que je me doutais bien que c’était sûrement volontaire de leur part. Mais j’allais pas le dire à Cédille, quand même, il faut un peu de parcimonie et de non-dits dans ce genre de discussion-consolation.
On a bu une bière à la paille parce que c’était la fête de la bière à Amnellville, ou en tout cas dans le troquet où nous avons discuté, et comme c’était le dernier jour, on ne pouvait pas manquer une occasion pareille. En même temps, même sans Fête de la Bière (pardon, j’avais oublié les majuscules plus haut, ça donne tout de suite plus de contenance à la chose) on a le droit d’en boire, mais ne pas en boire à cette occasion précise, c’est tout de même dommage. Après avoir tenu une réflexion d’une telle pertinence, on s’est rendues au Marché Couvert d’Amnellville où il y avait des dégustations gratuites de sablés et de pâtés de truite. C’est toujours marrant de piquer plein de bouffe et de se barrer ensuite en remerciant bien poliment les gens qui croyaient trouver en nous des clients potentiels. Enfin, je trouve ça marrant, je sais pas si d’autres partagent cet avis, hein. Et puis je m’en fous, là n’est pas le problème.

Au fait, c’était quoi le problème?