Ma grande hantise, ça a toujours été de me faire apprécier par les gens. Et parfois, je m’arrête avant d’exécuter un geste en me demandant “oui, mais, si je fais ça, est-ce que ça va lui plaire? est-ce qu’il va pas me prendre pour une abrutie finie?” alors, je cogite, et pendant ce temps-là, il m’apparaît hors propos de faire ce dont j’avais l’intention, initialement. Et ce bon vieux raisonnement à-la-con (si si, on peut le dire) m’amène à ne plus rien faire du tout et à rester prostrée bêtement en attendant qu’on me demande “mais qu’est-ce qui ne va pas ma pauvre petite?” tout ça pour avoir le bonheur de détourner la tête fièrement en articulant d’une voix rauque “non, non rien” en retenant bravement trois pauvres larmes.
Surtout que rien ne va mal, vraiment, c’est juste que je fonce bille en tête (je l’aime bien celle-là) avec l’idée en tête (ça en fait beaucoup pour une si petite capacité crânienne) que je suis au fond du gouffre, rien ne pourra me sauver blablabla.
Alors, dans l’histoire, je ne sais toujours pas si telle ou telle personne m’apprécie ou non, mais je m’en fiche un peu, et ça ne m’empêche plus d’être moi-même (je crois que je vais déposer un brevet sur cette phrase, je risque de la faire voler par Lorie).
