C’est bouché là-haut, ça embourbe tout le système, pourtant, des tas de choses ne demandent qu’à sortir. La précipitation gâche tout, les idées fusent mais se retrouvent sens dessus dessous et le résultat est là : un micmac indigeste.
Cette difficulté à mettre de l’ordre là-dedans se répercute sur mes décisions à prendre. Rien que l’expression solennelle ainsi énoncée me fait reculer, je me perds dans des conjectures qui en appellent d’autres, partout, ces quatre lettres anodines se faufilent : “et si".
Comme ça n’engage que moi seule, je ne peux pas me défiler en adhérant à l’avis d’une tierce personne. Jusque là, ça fonctionnait : le prémâché me convenait bien.
Ce n’est que le début, j’en suis bien consciente, d’ailleurs, il n’y a que ça de si enivrant : les prémices, les trucs qui se profilent à l’horizon : incertains, claudiquants, qui laissent deviner une myriade d’interprétations possibles et plus ou moins plausibles. Après, on s’enraye, on patine dans l’habitude, on piétine les mêmes rengaines et l’enthousiasme se fait subrepticement la malle.
Pas besoin de me précipiter à la fin de l’histoire pour en connaître le dénouement, ni même l’engrenage inévitable dans lequel je m’engage.
Il va falloir passer aux choses concrètes, mais depuis le temps que tout ça traîne en jachère, rien ne presse vraiment.
